Boucle Temporelle — Partie 2
_ Vous ne pouvez pas savoir comment on envie de monter ces marches et de se retrouver à l’intérieur de l’un de ces temples lorsqu’on est disciple, au fond d’une cabane près de notre air d’entraînement ! S’exclamait Yorukoé.
Saga hocha la tête. Au même moment, descendit Seiya, revenu du Temple du Sagittaire où il logeait avec Aioros.
_ Pas possible… Murmura soudain la demoiselle.
Mü se leva vivement, ayant plus d’esprit que son compagnon à cet instant, allant accueillir Seiya qu’il n’avait pas vu depuis longtemps.
_ Seiya ! Quelle bonne surprise !! Comment vas-tu ? Demanda le Bélier.
Le chevalier divin, légèrement déboussolé, répondit avant de se rendre compte de la présence d’un cosmos qu’il ne connaissait pas. Il ne lui en fallu pas plus pour endosser son armure de Pégase et faire face à Yorukoé.
_ Qui es-tu ? Demanda-t-il, menaçant.
Saga éclata de rire sous le regard surpris et effrayé de la jeune fille.
_ Ah !! Seiya, tu n’as pas changé ! Toujours aussi méfiant depuis l’Histoire du Sanctuaire, hein ? Ce n’est que mon nouveau disciple et si cela se trouve, elle sera le prochain chevalier d’Or des Gémeaux, alors à ta place je me décontracterais et lui dirai bonjour. Finit-il dans un hoquet d’hilarité.
Seiya se redressa, le visage contrarié.
_ Merci Saga, mais je sais être poli ! (Se tournant vers la femme-chevalier) Excusez-moi, j’ai vu tellement d’intrus dans ce Sanctuaire, que j’ai encore du mal à y voir encore des amis… Alors comme cela vous êtes la nouvelle disciple de Saga ? Vous êtes de quel ordre et portez quelle armure ? (Un temps très court) Mais au fait, quel est votre prénom ?
Mü, se retenant à grand frais de s’esclaffer à son tour devant le regard de la jeune fille, réussit à placer deux mots.
_ Excusez le aussi, Yorukoé, Seiya est un bavard depuis qu’il est ici et il ne se rend toujours pas bien compte qu’on ne peut pas répondre à ses questions s’il n’arrête pas d’en poser !
Seiya râla devant ce fait véridique avant de reprendre, l’incident oublié.
_ C’est bien joli Yorukoé… Et vous êtes ? Demanda-t-il.
_ Chevalier de Bronze de la Couronne Australe.
Le silence qu’exprima à cet instant Seiya fut l’aveu le plus éloquent que les chevaliers présents n’avaient pas vu depuis longtemps.
_ Alors comme cela il a trouvé porteur… (se reprend) ou plutôt porteuse ! Commença Seiya. (se tourne vers Mü) Mais es-tu bien conscient que les deux chevaliers qui ont réussi à porter cette armure ont eu un étrange changement de comportement après ? Ils étaient comme… déboussolés, étrangers au combat qu’ils menaient… le premier en est même mort !
_ Leur premier combat ! Rectifia Saga.
Mü ne répondit rien.
_ Je n’aime pas ces sous-entendus… Murmura Yorukoé.
Le silence retomba à nouveau entre les chevaliers.
_ Il suffirait d’essayer… Proposa Mü.
_ Quoi ? Demandèrent-ils tous en même temps.
_ Et bien oui ! Yorukoé n’a qu’à se battre avec Saga et nous verrons bien où cette armure a un problème !
Une heure après, le chevalier de la Couronne Australe et celui des Gémeaux se retrouvaient face à face, dans l’arène, alors que le soleil tombait à l’horizon, sous le regard critique de Mü et intéressé de Seiya.
Les attaques s’échangèrent à une vitesse stupéfiante jusqu’à ce que l’armure de la Couronne Australe se mette à briller pendant l’attaque de la « Boucle Temporelle » de Yorukoé, alors que Saga, lui lançait sa « Galaxian Explosion ». L’attaque de la jeune fille, intensifié par la Cloth, rencontra celle de Saga, formant une sphère d’énergie entre eux, grossissant sans qu’aucun des deux protagonistes ne puissent réussir à l’arrêter.
_ Qu’est-ce qui se passe ?? Hurla le plus fort possible Yorukoé.
Mü et Seiya s’approchèrent, espérant pouvoir les aider à stopper cela… mais la sphère d’un blanc lumineux continuait à prendre des proportions énormes !
_ Arrêtez vos attaques !! Hurla Mü à son tour.
_ Impossible !! Lui répliqua Saga, tout aussi égosillé.
Bientôt, Saga vit la sphère les engloutir tous les quatre dans une explosion spectaculaire. Deux minutes après, il ne restait plus aucune trace de leur passage…
Dans un autre Monde…
Mégara se sécha les yeux. Cela ne serait plus à rien de pleurer ! Elle devait agir, elle sentait que cette vie ne lui convenait pas, qu’elle devait faire autre chose que d’aller en cours et se faire taper dessus… quelque chose de plus grand, et de plus pénible aussi. En fait, Mégara ne savait pas ce qui l’attendrait, mais elle savait à cet instant qu’elle devait le faire !
La jeune fille partit dans sa chambre, prit un sac et y mit les seuls objets qui lui tenaient à cœur et indispensables pour elle-même. Son avenir n’était pas dans les chemins que lui traçait la société !
Sur la table, elle laissa seulement cela :
« Chère » Famille,
« Les choses n’arrivent jamais là ou l’on voudrait qu’elles soient. La société nous moule « de façon à nous contrôler mais ne fait rien pour les milliers de malheureux à travers le « monde. L’Homme tue l’Homme.
« C’est pour cette raison que je parts, vous ne me reverrez pas. Mon grand désir était de « faire de nous quatre une famille unie, mais j’ai échoué. Pourtant, à vos côtés, j’ai appris le « désespoir de l’Homme, l’extrême limite dans laquelle est arrivé son âme… mais j’ai « toujours gardé espoir de changer ma tante et de vous faire plaisir, mon oncle. Même Chris « m’a un jour prouvé que seul l’éducation était responsable de cela.
« Malgré cela, même si un jour, quelqu’un me proposait de rayer une partie de « l’Humanité pour en faire une nouvelle, je lui dirai ceci : ‘Personne ne peut juger son « prochain et il y a dans cette Humanité tant de belles choses qu’elle mérite sa seconde « chance.’ Je vous ai blessé, je m’en repends. La vie vient de m’offrir sa seconde chance de « me rattraper… je l’ai prise à pleine main et j’en suis heureuse ! Peut-être qu’un jour, vous « me comprendrez…
« Tendrement,
« Mégara. »
Et elle partit de chez elle…
Pas très loin de là…
Comme de l’or brillait dans le bosquet d’arbre du terrain vague, non loin du quartier où habitait Mégara. Cet endroit était destiné à accueillir un nouveau centre commercial. Les formes, comme recouvertes d’armures bougèrent, puis râlèrent.
_ Ouille !! J’ai jamais eu aussi mal à la tête, sauf la fois ou Seiya avait chanté à travers le Sanctuaire ! Grogna Saga.
Mais personne ne lui répondit. Il se retourna, vit Mü, couché sur le dos et Seiya non loin de lui. Ce dernier émergea en même temps que Yorukoé.
_ Où sommes-nous ? Demanda-t-elle.
Saga allait répondre quand le cri de Seiya l’interrompit : sa main était couverte de sang. Mü était arrivé ici et était tombé sur une pierre, il saignait de la tête.
_ Et Mer… credi. Se reprit de justesse le chevalier des Gémeaux.
La jeune fille chevalier alla examiner la blessure.
_ Il a besoin d’un médecin… Murmura-t-elle gravement.
_ En ont-ils, dans ce… ce quoi d’abord ? Questionna-t-il, le regard tourné vers Saga et Yorukoé.
_ Ce rêve ? Comme Saga pendant notre duel… Proposa le chevalier de la Couronne Australe.
Personne ne lui répondit immédiatement.
_ Je dirai plutôt un monde parallèle… Souviens-toi des attaques que nous lancions lorsque cela s’est produit…
_ Mais au lieu de former une boucle temporelle, cela nous a projeté dans un monde parallèle au notre ! Finit-elle.
_ Exactement… mais est-ce que dans notre monde, ils ne seraient pas dans cette boucle temporelle par contre ? Ton armure vient de prouver sa puissance… cela ne m’étonnerait pas ! Conclu Saga, inquiet.
_ Et Mü ? Demanda Seiya, la main sur son front. Il est brûlant.
Le chevalier des Gémeaux, soudain responsable d’un fille à peine chevalier et d’un chevalier à peine mâture, tourna son regard de part et d’autre. Ils étaient au périphérique d’un terrain vague et… une cabane en bois y était construite !
_ On va le transporter là. Il sera mieux qu’ici dans l’herbe.
Lorsque cela fut fait, le problème majeur revint dans le file de la conversation.
_ Comment on le soigne, à présent ? Questionna Seiya.
Saga et Yorukoé haussèrent les épaules.
_ Je serais surtout d’avis, avant de faire quoi que ce soit, de retirer nos armures. Nous ne devons pas être découvert… Le point positif c’est que si elles sont venus avec nous, c’est que nous pouvons nous en servir dans ce monde aussi. Au cas où, c’est toujours bon à savoir…
Un quart d’heure après, trois hommes dont un blessé et une jeune fille se trouvaient dans un bosquet perdu sur un terrain vague, dans un monde qu’ils ne connaissaient pas !
_ Je propose… Commença Saga lorsqu’un cri l’interrompit.
Un blonde demoiselle se tenait au seuil de la cabane, stupéfaite et tétanisée. Les chevaliers, tout aussi surpris, n’eurent pas la présence d’esprit de bien vouloir s’expliquer. La seule chose qu’il virent fut un sac tombant sur le sol et une jeune fille en short courir à travers l’espace vide, comme si on lui courait après… ce que fit finalement Saga pour pouvoir lui expliquer la situation… ou du moins une partie !
Mais la blonde était une véritable gazelle et atteint bientôt les zones habitées… puis les mauvais quartiers où elle s’y enfonça, prise de folie d’en voir un lui courir après.
« Pourquoi moi ?? et pourquoi ne me lâche-t-il pas ?? » S’énerva Mégara.
Alors qu’elle ne s’y attendait pas, elle rencontra de pleine face une bande de délinquant, traînant négligemment dans le quartier, en quête d’ennuis divers… ils réagirent, eux, très vite et commencèrent à l’agresser sous le regard furieux de Saga qui s’approchait le plus vite possible.
Les cris de détresse de la demoiselle le rendirent incontrôlable, son armure vint le recouvrir et il commença à taper de toutes ses forces. Le premier voyou à tomber fut projeter à plus de cinq mètre au loin dans la rue, sous le regard paniqué des trois autres devant cette drôle d’apparition.
« Galaxian Explosion !! Hurlait Saga, comme prit de démence, frappant les drôles sans relâche, les faisant voler au loin.
Ils ne mirent qu’une seconde à comprendre la situation et à partir à toutes jambes comme si le diable les poursuivait.
Mégara, prostrée à terre, le short à moitié déchiré, contemplait la scène à moitié en larmes. Elle était dans un état tel que Saga réussit à s’approcher, la soulever et à lui mettre sa cape -qu’il avait gardé durant le combat- pour la bercer tendrement l’instant suivant.
_ Je suis désolé si nous vous avons fait peur, mes amis et moi… nous ne l’avons vraiment pas fait exprès mais l’un d’entre eux est blessé à la tête et nous allions le soigner… (entendant un sanglot) n’ayez plus peur, ils sont partis…
Saga attendit dix bonnes minutes puis se releva. Mégara essaya à son tour, chancela mais trouva en elle la force de restée debout, toujours protégée du froid par la cape de son sauveur. Pour la première fois, elle le regarda… et fut prise d’un véritable choc électrique. Il était magnifique, les yeux d’un bleu électrique, les cheveux d’un noir de jais, le visage doux, le regard mélancolique. Ses yeux tomèrent sur la Cloth qui disparut de lui deux secondes après.
_ Qui êtes-vous ? Demanda-t-elle, de nouveau sur ses gardes.
Le chevalier tourna son regard vers elle. Cette peste était véritablement adorable ! A mieux la regarder, elle était blond vénitien avec des yeux gris pâles magnifiques… et un corps à damner un saint !
_ Cela n’a pas d’importance, je ne vous veux aucun mal… Réussit à sortir Saga.
Il commença à marcher dans la direction du terrain vague, sous le regard surpris de Mégara.
_ Comment connaissez-vous le chemin ? S’exclama-t-elle.
_ Et comment savez-vous que je ne suis pas d’ici ? Lui répliqua-t-il.
Elle sourit et le suivit sans un mot… elle fit deux pas et s’effondra. Mégara voulut vite se relever pour ne pas montrer sa faiblesse mais n’y parvint que difficilement. Saga, fin de nature, avait remarqué qu’elle ne voulait pas lui montrer le mal indirect et moral que ces voyous lui avait provoqué. Il ne dit mot, voulant connaître le temps que la jeune fille tiendrait sans se plaindre… il repensa par la suite qu’il n’aurait jamais du le faire, la demoiselle tint jusqu’au terrain vague mais s’y agenouilla, les larmes aux yeux.
Saga pesta.
_ Vous auriez du me dire que vous n’alliez pas bien ! Je vous aurais porter ! La tança-t-il.
Les yeux gris pâles se levèrent vers lui. Mégara le contempla de nouveau, comme hypnotisée. C’était la première personne depuis ses parents qui s’occupait vraiment d’elle et pas par intérêt.
_ Vous auriez râler et je suis trop lourde !
Sur ce, elle essaya de nouveau de se relever, mais Saga ne fit ni une ni deux, il la souleva de terre et la porta dans ses bras.
_ Je ne râle pas contre quelqu’un qui vient de subir une agression et qui n’y est pas habituée. De plus, vous ne pesez rien ! Déclara-t-il, imperturbable.
_ Ah ! Saga ! Nous pensions ne jamais te voir revenir ! S’exclama, soulagé, Seiya.
L’interpellé ne répliqua rien et coucha sur la seconde paillasse de la cabane, Mégara, qui s’était endormie dans ses bras.
_ Qui est-ce ? Demanda Yorukoé, peu habitué à ces vêtements.
_ Une jeune fille de ce monde… Elle s’est fait agressée en essayant de m’échapper, elle a marcher derrière moi, ensuite, mais tout cela a été trop pour elle, elle a du s’évanouir une fois dans mes bras… Expliqua posément Saga.
Les deux autres chevaliers le regardèrent bizarrement, d’un regard qui aurait voulu en dire long s’il n’avait pas été aussi vide.
_ Elle s’est évanouie pour une simple agression ? S’exclama à son tour Yorukoé.
Le chevalier des gémeaux tourna un regard lourd de sous-entendus à la jeune fille chevalier.
_ Elle n’a pas reçu d’entraînement, pense à cela !
Une ou deux heures après, Mégara fut réveillé par l’odeur du sang. Elle sauta sur la paillasse qu’elle comptait occupée un moment avant de partir encore plus loin de chez elle. Soudain, elle se souvint des évènements… Sa tête tourna à sa gauche et elle vit un homme aux cheveux châtains saigner de la tête : il était blessé !!
_ Il faut l’emmener à l’hôpital ! Cria-t-elle, sous le coup de la surprise.
Saga entra dans la cabane, un peu déboussolé. Quand il comprit l’objet de l’exclamation, il se troubla, s’assit à ses côtés et commença à lui expliquer la vérité : il sentait qu’on pouvait lui faire confiance !