Boucle Temporelle — Partie 3

_ Nous ne sommes pas de ce monde. Nous venons d’un monde parallèle ou nous y sommes des… justiciers pour la paix, pourrais-je dire. Vous êtes notre seule chance d’aide, ici, nous ne connaissons personne et nous ne savons pas comment emmener notre ami à un hôpital sans nous trahir !

Mégara, sous le choc, ne dit pas un mot. Puis elle se leva.

_ Où sont… les deux autres ? Demanda-t-elle.

_ Dehors, on a un léger problème… des policiers semblent rechercher quelque chose ou quelqu’un, un drôle d’homme en civile est avec eux…

Avant qu’il n’ai pu dire quoi que ce soit, Mégara s’était levée en vitesse et était sortie, à la tête de la police se trouvait deux chiens qui pistait vers la cabane.

_ Tu les connais ? Demanda Seiya.

Sans même répondre, Mégara rentra de nouveau dans l’abri en bois. Elle réunit son sac et se tourna vers Saga.

_ Nous devons partir en vitesse ! C’est mon oncle qui a lancé les recherches pour me retrouver, nous allons emmener votre ami à l’hôpital, d’ici, j’aviserai. D’accord ?

Le chevalier réfléchit un moment.

_ Si c’est votre oncle qui vous cherche, pourquoi fuyez-vous ? Questionna-t-il.

Les yeux gris se voilèrent.

_ Mes parents, un soir de printemps alors qu’il pleuvait, sont partis à une fête chez des amis sans moi… je venais de me fâcher avec mon père à propos d’un nouveau jouet que toutes mes amies possédaient mais pas moi, mon père refusait de me l’acheter. Ils sont partis dans la nuit noir, dans leur voiture noire. Je me souviens encore avoir pleuré sur le coup, je n’avais que 8ans…

« J’ai su par la suite qu’ils avaient été fauchés par un camion qui ne les avait pas vu au milieu d’un carrefour. Ils ont été tués sur le coup. Le chauffeur est allé à l’hôpital pour quelques ecchymoses…

« Les autorités ont immédiatement informé mon parrain et ma marraine de ce qu’il venait de se passer, c’était des amis à mon père, un couple riche qui ne faisait que voyager à travers le monde. Ils étaient introuvables. Je fus donc confiée à mon oncle le temps d’une réponse de leur part.

« Très vite, mon oncle commença à me taper pour des raisons infimes, comme lorsque je n’allais pas assez vite pour débarrasser la table ou ranger l’appartement lorsqu’il n’était pas là. Je découvrit aussi une tante alcoolique profonde et un cousin ressemblant plus à un voyou qu’à un frère… Mon oncle a même déjà essayé de me faire sortir avec le fils du patron pour son intérêt personnel !

« Cela faisait un mois que j’attendais chez mon oncle des nouvelles de mon parrain et de ma marraine, rêvant voyage vers les îles paradisiaques ou escalade de l’Himalaya quand une assistante sociale est venue à la maison, à envoyé ma tante en cure et m’a annoncé que le couple riche qui aurait du prendre mon éducation à charge étaient mort d’une intoxication alimentaire sur une île perdue…

« Depuis lors, je vivais chez mon oncle, la vie devenant infernale plus les jours défilaient… A votre avis, pourquoi pensez-vous que je fuis ? Le questionna-t-elle, à moitié en larmes.

Yorukoé et Seiya avaient écouté, bouche bée. Saga, lui, ne dit pas un mot, appela son armure qu’il endossa, prit Mü dans ses bras, demanda à Seiya de faire de même avec Mégara et ils partirent vitesse lumière loin, très loin…

Pour les autorités, elles arrivèrent dans la cabane et découvrirent le sang sur l’une des paillasse. Une enquête fut faite et le sang correspondait avec celui de la jeune fille. Pour une raison de sécurité à ce moment-là, le test génétique fut refuser : le sang correspondait, point. On prit cela comme une fuite puis un meurtre. La police classa le dossier « sans suite » l’assassin n’ayant pas été découvert.

Les obsèques eurent lieux deux jours après, alors que Mégara courrait vers son destin…

Ils volaient vite, trop vite !

_ Je ne vois même pas le paysage défiler ! Comment faites-vous cela ? Hurla Mégara à Seiya.

Ce dernier, occuper avec la destination mit quelques secondes à répondre. Il tourna son regard noisette vers sa passagère et émit un sourire enchanteur.

_ Après un longue entraînement dans notre monde, vous sauriez le faire !

Ils arrivèrent quelques secondes après devant un hôpital qui se trouvait à des dizaines de kilomètres de chez la demoiselle. Ils se posèrent tout près.

_ Comment faisons-nous, à présent ? Demanda Saga. Et puis, comment vous appelez-vous ?

_ Je m’appelle Mégara… Murmura la jeune fille, fixant Mü, la tête tombant en arrière, les bras écartés, le visage pâle. Nous allons entrés tout les cinq, je vous ferais passer comme mes amis, nous avons trouvés ce jeune homme sur un banc et comme nous avons vu qu’il saignait, nous le leur avons apporté… Pas de question ?

Silence.

_ Oui… Comment ferons-nous pour le rechercher après ? Questionna Yorukoé, se sentant un peu responsable de tout cela.

_ Il en sortira tout seul lorsqu’il ira mieux ! Lui répliqua gentiment Mégara.

D’un commun accord, ils entrèrent dans le blanc bâtiment et allèrent à l’accueil.

_ Excusez-moi mademoiselle ?! Commença Mégara à l’intention d’un jeune infirmière.

_ Oui ?

_ Nous avons trouvé, mes amis et moi-même, ce jeune homme sur un banc. Vu qu’il saignait nous avons pensé vous l’amener… Expliqua calmement la jeune fille.

L’infirmière, elle, s’en affola. Elle appela les urgences qui arrivèrent essoufflés, devant un Saga impassible qui tenait Mü aussi dignement que possible.

_ Moi dire qu’il a déjà connu pire ! Murmura amèrement Saga.

L’un des élèves internes l’entendis, il tourna la tête vers le chevalier, le regard interrogateur.

_ Il a quand même subit plus d’une attaque ! Expliqua Saga, sans se rendre compte de la double gaffe.

Double car le jeune interne prit le mot « attaque » comme celui d’une attaque cardiaque et qu’il allait éveillé des soupçons : officiellement, il ne le connaissait pas. Mégara lui planta son coude dans les côtes, ce qui le fit taire, mais trop tard !

Ils partirent après que Mü ait passé le tournant dans son brancard…

Saga emmena Mégara jusqu’à Athènes où ils prirent la direction de l’emplacement du Sanctuaire dans le monde des chevaliers. Ils y arrivèrent, l’endroit était vide.

_ Ce n’est pas normal… Murmura le chevalier des Gémeaux.

Yorukoé alla s’asseoir à l’ombre d’un olivier, fatiguée. Seiya l’y rejoignit. Les évènements venaient de s’enchaîner à une vitesse vertigineuse. Le regard bleu profond de Saga rencontra celui tout aussi bleu de la jeune fille chevalier, une douceur passa de l’un à l’autre. Mais le Gold détourna bien vite la tête, non ! Il n’en avait pas le droit, pas l’autorisation !

Seiya, lui, s’était allongé négligemment dans l’herbe fraîche de Grèce, et les trois chevaliers étaient tellement occupés qu’ils ne virent pas Mégara s’approcher d’une forme noire, assise là, comme attendant.

Lorsqu’ils le remarquèrent, elle était arrivée devant lui.

_ Qui êtes-vous pour rester là, assis sans rien faire ? Demanda-t-elle, curieuse.

La forme ne répondit pas immédiatement.

_ Et vous, qui êtes-vous pour me poser cette question ?

Mégara fut interloqué. Dans son esprit, aucune réponse logique ne lui vint à cette question simple. Qui était-elle ? Bonne question… elle se nommait Mégara, jeune fille allant tout les jours au lycée, logeant chez un oncle brutale ? Non, plus maintenant. Elle était Mégara l’orpheline, l’errante, la marginale, la proscrite. Amie de quatre chevaliers de la justice venus d’un autre monde…

_ Mégara. Répondit-elle. Juste Mégara. Et vous ?

Les autres chevaliers arrivèrent, inquiet de l’étrange cosmos qui se dégageait de l’homme : il avait eut un entraînement de chevalier, pas de doute possible !

_ Personne. Je ne suis personne et ma vie n’est rien… (un visage squelettique se leva vers celui, frais, de la demoiselle.) Mais je lis en vous, et je vois nombre de choses ! Des bonnes… des mauvaises…

« Je vois qu’après une période obscur, vous venez de découvrir d’étranges amis… et que vous vous sentez plus forte à présent. Mais au fond de vous, une petite voix vous dit que ce qu’ils affirment n’est pas si faut que cela…

« Je vous vois, vous levez contre l’anarchie, portez fièrement le drap blanc, entourée d’amis forts, qui vous aideront. Je vois enfin du sang, des larmes et un sourire. Le votre.

La voix mourut. Mégara n’arrivait plus à penser… il était médium ! De leurs côtés, les chevaliers avaient écoutés silencieusement.

_ Vous êtes Le Messager… Murmura Saga.

_ Oui. Répliqua la forme assise.

La seconde d’après, il se leva et commença à partir lentement à travers le chemin boueux. Mégara voulut le suivre mais Saga l’en empêcha.

_ Qui est-ce, « Le Messager » ? Demandèrent Yorukoé et Seiya.

Mais le chevalier des Gémeaux ne répondit rien, quelque chose le tracassait : Le Messager, il l’avait vu la première fois sur le Mont Etoilé au Sanctuaire, il espionnait Shion qui venait d’aller sur la colline où un étrange chevalier était apparu, l’armure bleu glacier, d’une forme peu commune. Ce « Messager » était venu « donner » la réincarnation d’Athéna au Grand Pope, chargé de l’élever et de la surveiller… Il avait affirmé à Shion que chaque fois qu’il devait révélé l’existence d’une nouvelle réincarnation, il apparaissait et parlait à l’enfant avant de parler à son gardien. Le « Messager » avait gazouillé des paroles au bébé, en effet, avant de s’adresser à Shion.

Saga secoua la tête. Il venait de comprendre… bien tardivement, hélas !

Ils restèrent dans cette vallée pendant près d’une semaine lorsqu’une nuit, Yorukoé alla se promenée, incapable de dormir, arriva dans une clairière où coulait un fin court d’eau. Alors qu’elle allait s’exposer à la lumière, elle vit Mü, le visage penché vers ses mains pleines d’eau.

Elle ne bougea pas. Mais ne connaissait pas encore le chevalier d’Or du Bélier ! Ce dernier sourit à son reflet, s’aspergea la figure et commença a murmurer… sa voix portait comme la brise en été, un souffle chaud de mélancolie et de joie.

_ Je sais que tu m’observes, Yorukoé… je pensais que ton maître t’avait apprit que l’on ne surprend pas un chevalier d’Or, surtout dans les bois ! (un temps) Alors comme cela Saga a trouvé notre porte de sortie… pourquoi ne l’a-t-il pas réveillé lui-même ? Demanda Mü.

Yorukoé mit un sérieux moment avant d’arriver à comprendre le fil de la pensée de ce chevalier.

_ Saga pense qu’il devait t’attendre…

Mü hocha affirmativement la tête, se leva et suivit la jeune fille chevalier jusqu’à la vallée. Là, à l’ombre d’un olivier, Mégara contemplait l’arbre en face d’elle, de l’autre côté de la prairie. Saga, lui, avait sentit l’approche de son compagnon.

_ Ca va mieux ? Questionna-t-il, soucieux.

_ J’ai été un peu long à cause d’une infirmière euh… assez forte qui m’a fait de la résistance en me mettant une… camisole de force ! Il a fallu que je me sorte de ceci, puis de la chambre isolée où je me trouvais… Cela a prit un peu plus de temps qu’il n’aurait fallu. Finit Mü avec un sourire qu’on ne le lui connaissait pas.

Le chevalier des Gémeaux se remit debout.

_ Mégara ? Je te présente Mü, chevalier du Bélier. Mü ? Je te présente Mégara, celle qui a permit que tu sois soigné…

Les présentation faites, Saga, Mü, Yorukoé et Seiya entourèrent Mégara qui ne comprit pas grand chose et intensifièrent leurs cosmos.

_ Entourée de ses chevaliers… Murmura Seiya. Je comprends ! Tu veux… ? Demanda-t-il a Saga.

_ Oui. Répliqua celui-ci.

Au bout d’une minute à peine, Mégara se surprit elle-même à voir autour d’elle un cosmos doré et brillant…

_ Un cosmos ?? S’exclama-t-elle.

Après maintes précautions, dans le fond qui furent inutiles, Saga finit par avouer à Mégara la vérité.

_ Tu es la réincarnation de la déesse Athéna dans ce monde… L’explosion de ton cosmos fera sûrement venir tes chevaliers… et tu vas pouvoir nous renvoyer chez nous !

Suite aux explications nécessaires, ils virent bientôt apparaître les chevaliers porteurs d’armures… Les chevaliers d’Or étaient presque au complet et bientôt arriva le chevalier Pégase, sous le regard stupéfait de Seiya : ils se ressemblaient comme deux gouttes d’eau.

_ Il ne faudrait pas rester là trop longtemps… Demanda Saga à Mégara.

Cette dernière sourit, explosa son cosmos, voulant ainsi les renvoyer chez eux… tous les autres chevaliers présents regardèrent partir leurs frères parallèles, le cœur gros.

En s’en allant à travers les dimensions, Saga pensa qu’ils avaient fait une bonne action en donnant à ce monde une réincarnation d’Athéna.

Yorukoé, de son côté, avait intensifié son cosmos, afin de ramener les trois autres chevaliers avec elle dans cette fuite à travers les mondes. Car ce qu’il venait de vivre devrait à tout prix n’avoir pas eut lieu dans leu monde. Elle « activa » donc son armure, afin que la boucle se boucla, sachant que cela la tuera. Pourtant, elle savait qu’ils venaient de faire une bonne action.

Yorukoé regarda Saga, ils pensaient la même chose et se sourirent. Le chevalier des Gémeaux réussit à attraper par la taille la jeune fille chevalier quand…

FLASH

Ils étaient dans la maison du Bélier, Yorukoé était en face de lui, prête à jeter son attaque, Seiya et Mü à côté, attendant la fin du duel… Saga, lui, s’apprêtait aussi à lancer son attaque. Il arrêta immédiatement, voyant le visage de Yorukoé se figer, pâle, maladif.

Elle tomba à terre, lourdement…

Saga s’approcha une vitesse éclair, sous le regard surpris des deux autres chevaliers. Ils ne comprenaient pas…

_ Yorukoé… Gémit Saga, la prenant dans ses bras.

Cette dernière ouvrit les yeux.

_ L’armure s’est trompée… elle s’est activée trop tard : tu te souviens de ce que j’ai vécu. Nous l’avons fait ensemble et cela a été trop dur pour moi. L’armure a son propre arbitre et ne se laissera endosser que par celui pouvant supporter cette épreuve. Saga… Mü et Seiya ne se souvienne de plus rien, ce ne sont pas eux qui ont lancé les deux attaques en même temps...

Saga hocha la tête, désespéré.

_ Saga ? (la jeune fille porta sa bouche près de son oreille et murmura quelques mots avant de retomber en arrière) Fais-le, je t’en prit… (la jeune fille posa sa main sur la joue du chevalier) Je t’aimais bien tu sais… fais attention à toi dans l’avenir, tu as encore de grandes choses à accomplir !! Finit Yorukoé dans un souffle, alors que le soleil se couchait sur le Sanctuaire.