Boucle Temporelle — Partie 1

Boucle Temporelle

Note de l’Auteur :

Cette fic ne ressemble à aucune autre. Elle cache tant de sous-entendus que son histoire en elle-même importe peu.

Je ne l’ai faite que pour montrer cela : on a beau croire ce que l’on veut, que la société à beau nous proposer des solutions à des problèmes, la vérité n’ai jamais exacte et il peut parfois se cacher beaucoup de choses derrière des faits anodins.

Pour une meilleure compréhension du début, le « notre monde » désigne celui des chevaliers du zodiaque, il s’agit ici d’un chevalier qui parle. Pour la fin, noté que «Yorukoé » est du japonais, signifiant « Voix du Soir ».

« Notre Monde… Saga se promenait tranquillement autour du Sanctuaire, parlant ici ou là, suivant les chevaliers rencontrés. Ses pas le menèrent au stade où se déroulait bon nombre de combats afin d’acquérir une armure. Aujourd’hui, il s’agissait d’une femme-chevalier qui espérait obtenir la Couronne Australe… armure rarement portée depuis le début, les futurs chevaliers tombant presque toujours mystérieusement contre des adversaires bien trop forts pour eux.

Le chevalier d’Or descendit quelques marches des gradins, pour voir combien de temps cette jeune fille allait tenir contre son adversaire, toujours pas définie par le nouveau Pope, Dohko.

_ Elle est douée… Yorukoé mériterait cette armure. Murmura à son oreille une voix que Saga connaissait bien.

Il se retourna, Mü ! Pour lui, l’une de ses apparitions était toujours étrange, comme surnaturelle mais en même temps tout à fait normal. C’était un des chevaliers d’Or qu’il connaissait le moins, le chevalier du Bélier parlant très peu de lui… et parlant très peu, tout court ! Il ne lui savait que deux amis avec qui il discutait fort tard dans la nuit, Aldébaran et Shaka. Pourtant, Saga savait aussi qu’il s’entretenait souvent avec Dohko, Shura et Aioros ; voir même à y réfléchir avec tout le monde, sauf lui. Pourquoi ?

Saga retourna la tête vers l’arène où Yorukoé attendait son adversaire. Quelque chose tracassait le chevalier des Gémeaux, mais il n’arrivait pas à définir quoi. Peut-être à cause de cette conversation, même commencée par des paroles sibyllines de Mü…

_ Je ne sais pas, personnellement, je ne l’ai jamais vu aux entraînements. Répondit-il le plus calmement possible et le plus naturellement du monde.

Mü n’éleva pas la voix immédiatement, attendant que quelques gardes intéressés par cette hypothétique montée en grade, ne partent.

_ Yorukoé est Gémeaux. Murmura de nouveau le Bélier.

Ces trois mots firent comme une décharge électrique dans le dos de Saga. Mü venait, en une phrase d’information, bête et méchante, de lui faire comprendre ce qui lui faisait peur en cette conversation depuis le début : Mü était venu lui parlé pour l’aider à affronter le choc d’un disciple. Eh oui ! Saga n’avait jamais eu de disciple et encore moins un disciple femme ! Car si Yorukoé arrivait à endosser l’armure de la Couronne Australe, sa force lui permettrait aisément de prétendre un jour au titre de chevalier d’Or des Gémeaux…

_ La Couronne Australe est l’une des armures de Bronze les plus dures à endosser. Elle n’eut que deux porteur durant tous les millénaires de luttes. Répliqua Saga, articulant à l’extrême.

Le chevalier de la Première Maison sourit tendrement à Saga. Lui non plus n’avait jamais comprit cet étrange chevalier, pourtant, quand il a su de la bouche de Yorukoé qu’elle rivaliserait un jour afin d’obtenir l’armure des Gémeaux, il n’avait pas hésité une seconde à venir voir Saga pour le prévenir… et le préparer.

_ Elle t’a déjà vu combattre plusieurs fois, ici, contre certains Silver… Ta « Galaxian Explosion » n’a plus de secret pour elle. Expliqua Mü. (un temps) Fait attention à toi.

Saga tourna vivement la tête vers son compagnon d’armes.

_ Pourquoi … ?

_ Dohko t’invite à te battre contre elle. Le coupa le Bélier.

Le chevalier des Gémeaux porta son regard vers l’estrade, dans les gradins nord. Dohko, habillé en Pope, le regardait fixement, l’incitant à aller au milieu de l’arène.

_ Il veut que tu te rendes compte de sa force par toi-même. Finit Mü.

_ Dit lui merci de ma part. Répliqua, ironique, Saga avant d’aller vers l’entrée de l’arène d’un pas décidé.

Dohko et Mü souriait…

Yorukoé n’en croyait pas ses yeux ! Un chevalier d’Or comme adversaire ?? Le Pope était-il devenu fou, pour lui envoyé cette machine de guerre contre lui ? Elle se reprit. Maître Dohko avait vu deux Guerres Saintes, il avait donc une idée dernière la tête en lui faisant affronter Saga, chevalier d’Or des Gémeaux.

Pourtant, la jeune fille n’était pas à l’aise. Elle n’était encore qu’un disciple et parler avec un Gold était déjà un honneur alors passer le droit d’endosser une armure par un chevalier d’Or, il s’agissait d’un privilège ! Qui savait se montrer aussi un inconvénient… Si Saga décidait qu’elle devrait le mettre sur le dos pour triompher de lui, il faudrait qu’elle réussisse. Par contre, s’il décidait qu’il suffisait à la jeune fille de le touchée, il baissait nettement la barre réduisant ainsi la difficulté… Mais comment savoir où il placerait cette barre ?

Saga pénétra dans l’arène sous les regards et les exclamations d’un grand nombre de chevaliers, de soldats et de disciples. Toutes les conditions étaient réunies pour faire de ce duel, l’un des plus passionnant depuis une bon moment. Il souriait tranquillement. Il sentait la peur palpable de Yorukoé, à travers son corps, son cosmos mais surtout ses yeux, d’un bleu nuit profond en forme d’amande s’encadrant d’un visage fin et de mèches de cheveux noir d’encre, allant parfois au bleu.

Le chevalier imagina un instant cette jeune fille devenir son disciple… la vie deviendrait infernale ! Pourtant, son sourire ne partit pas de son visage et ses yeux de ceux de la jeune fille. Elle était déjà effrayée, il ne fallait pas en rajouter !

_ Ne me demandez pas pourquoi Dohko m’a choisi pour être votre adversaire. Il est vrai que je lui parle souvent mais cet homme est aussi impénétrable que ce Sanctuaire !

Elle ne répliqua rien, pour le grand désappointement de Saga. Il aurait tant voulu entendre sa voix !

_ Quand à ce duel, imaginez que vous êtes en entraînement et tout se passera fort bien !

Deux yeux d’un bleu profond continuaient à le fixer résolument. Ce silence et ce regard le troublèrent un instant avant qu’il ne se reprenne.

_ Si jamais j’arrive à obtenir l’armure de Bronze… (un temps) Je deviendrai le disciple du chevalier que j’admire le plus, ici. Pensez-vous vraiment, qu’étant obligée de vous combattre, je puisse me détendre ? Murmura-t-elle, interrogative.

Saga sourit angéliquement : Yorukoé avait la plus douce voix qu’il n’eut jamais entendu… elle ressemblait à celle de sa mère, le soir, lorsqu’il était réveillé par un mauvais rêve. De son côté, la jeune fille fut deux fois plus troublée par ce sourire enchanteur.

_ Alors permettez que l’on commence ce combat, pour deux raisons : si nous ne le faisons pas, vous allez devenir de plus en plus fébrile… Il s’interrompit, sous les hurlements des spectateurs.

_ Et la seconde raison ? Demanda-t-elle.

Son sourire s’accentua.

_ Nous finirions en proie pour une trentaine de chevaliers, disciples et soldats du Sanctuaire… ce qui n’est pas négligeable, même pour un chevalier d’Or ! Finit-il en un clin d’œil.

« Galaxian Explosion !! »

La jeune fille avait prévue depuis son entrée dans le stade qu’il utiliserait cette attaque pour débuter le combat, elle l’esquiva donc sans problème.

« Boucle Temporelle !! » Hurla-t-elle a son tour.

Complètement surpris par cette défense, Saga ne se rendit pas compte qu’elle l’attaquait immédiatement après. L’offensive de la jeune fille le paralysa, lui faisant revivre en quelques minutes, l’une de ses journées de Grand Pope… cela le perturba. Pourquoi cette journée en particulier ?

Son genoux droit tomba à terre. Yorukoé se retourna et se retrouva face au dos de Saga. Il ne semblait pas très lucide, parfait ! Elle le mettrait à terre et obtiendrait son armure : il en avait pour un moment à rester ainsi.

Mais ce que la jeune fille ne savait pas, c’était que Saga était immobile, non prostré comme elle le croyait. Et alors qu’elle s’apprêtait à attaquer de nouveau, une sorte de force invisible l’entraîna vers le chevalier d’Or, comme si toute chose devait aller de ce côté. Et alors qu’elle luttait, Saga répliqua.

« Illusion Démoniaque !!

Yorukoé se vit traversée de part en part par un souffle glaciale, la paralysant. Il avait supporter son attaque en quelques secondes, si peu de chevaliers auraient pu faire comme lui ! Cela demandait une force morale impressionnante… elle était d’ailleurs la mieux placée pour savoir : elle avait déjà essayé son attaque sur elle-même, espérant ainsi calculer le temps qu’elle aurait contre ses adversaires futurs. Jusque là, les temps avaient été énormes… alors que là, Saga en était sortit au bout de quelques secondes.

« Cela dépend de la force mentale de l’adversaire. » Pensa-t-elle.

L’illusion Démoniaque prit effet à cet instant, lui faisant à son tour revivre son entraînement intensif avec son maître… ravivant encore plus intense, les blessures physiques et psychologiques. Yorukoé fut un instant bouleversée mais se reprit vite, elle connaissait ce genre de sensation ayant déjà essayé ses attaques sur elle-même. Elle fit de nouveau face au chevalier des Gémeaux, assez surpris par cette rapidité de reprise.

_ Vous méritez mieux qu’une armure de Bronze. Déclara-t-il, prêt à l’attaque.

_ Voulez-vous me proposer la votre ? Demanda-t-elle, taquine.

Saga sourit, puis baissa sa garde. Yorukoé le contempla comme ne sachant quoi en penser jusqu’à ce que Saga éclata de rire !

_ Et avec un sens de l’humour en prime !! Ah ah ah !! Mademoiselle Yorukoé, vous êtes la troisième personne qui aurez l’honneur de porter la Cloth de la Couronne Australe ! Elle est à vous… Hurla assez fort Saga, espérant que tous venaient d’entendre.

Mü souriait gentiment. Il savait que Saga avait arrêté le duel, non pas parce qu’il venait vraiment d’accepter la force de la jeune fille, mais plutôt car il avait peur de connaître sa véritable force et si elle aurait pu gagner ce duel…

Dans un autre Monde… Dans un monde parallèle à celui de cette histoire, une jeune fille, le cartable de cours sur le dos, rentrait vivement chez elle. Elle longeait les rues étroites, marchant vite. Sa journée venait d’être épouvantable ! Les mauvaises notes qui pleuvent, les interrogations qui tombent et les réprimandes des profs fut son lot pendant neuf heures… une journée de dingue !

_ Et j’ai pas fini ma journée… Murmura-t-elle, moitié déprimée, moitié enragée.

Arrivée devant chez elle, la jeune fille souffla bruyamment. Il restait encore à affronter une tante alcoolique et un oncle violent ainsi qu’un cousin de mauvaise éducation. Parfois, elle regrettait de ne n’avoir pas voulu aller à cette stupide fête avec ses parents, au moins, elle serait encore avec eux, à ce moment-là.

En rentrant, elle referma le plus délicatement la porte, espérant ne pas se faire voir par Roger, son oncle… mais Chris, son cousin, veillait à cette bonne entente familiale et planté devant la télé, commença a braillé dans toute la maison, au plus grand damne de Mégara.

_ On règlera cela plus tard, toi ! Le menaça-t-elle.

Mais il ne l’écoutait déjà plus. Elle soupira et prit vivement la direction de sa chambre, entendant déjà de lourds sabots derrière elle se rapprocher.

_ Mégara !! Hurla une voix tonitruante.

Cette dernière fonça dans sa pièce personnelle, referma prestement sa porte et tourna sa clef, la retirant ensuite de la serrure : Roger n’avait pas juger utile de payer plus d’argent pour un double.

_ Ingrate !! Tu ressembles à ta pauv’e mère ! Solitaire et taciturne… Tu mérites de rester où tu es sans manger, va ! (Il semblait s’éloigner en grognant) Une fille de 18 ans sans un copain et sans copines ! Qu’elle aille rôtir en enfer avec son mauvais caractère !

Mégara laissa couler une larme. Elle le savait assez qu’elle n’avait personne avec qui parler, ni aucune amie ! Mais était-ce de sa faute ? Roger avait tout fait pour ! Il lui avait même imposé en petit ami, le fils de son directeur pour se « lier dans la place » mais Mégara avait refusée…

_ Je plaints Roger ! Quand il verra sa bêtise… j’aimerais être loin, moi !

Mégara laissa couler une larme…

Le lendemain matin, samedi, Mégara n’ayant pas cours, elle resta tard dans son lit. Quand elle daigna enfin se lever, elle découvrit un papier sur la table. Son oncle était parti en visite, sa tante était encore partie pour un mois de cure de désintoxication et Chris l’avait juste prévenu qu’il ne rentrerait pas du week-end…

En effet, charmante famille !

Famille…

A ce seul mot, Mégara s’assit sur une chaise du salon et commença à pleurer…

Notre Monde… Quelques temps plus tard, Yorukoé montait les marches du Sanctuaire avec Saga et Mü, encadrée par les deux chevaliers, elle se demandait si elle risquait quelque chose ainsi escortée…

_ A votre avis… Commença-t-elle. Lequel de vous deux est le plus fort ?

Mü tourna son regard vers Saga, les yeux aussi rivés sur lui. Ils haussèrent au même instant les épaules.

_ On ne s’est jamais battu l’un contre l’autre, comment le savoir ? Questionna Mü.

Saga hocha la tête, l’air approbateur de paroles si justes. Yorukoé ne répondit rien et replongea dans ses pensées ; jusqu’à ce que…

_ Comment faites-vous pour supporter ces armures qui doivent poser une tonne, toujours sur le dos, partout où vous allez ? Questionna-t-elle de nouveau.

Les deux chevaliers échangèrent les même regards interrogatifs.

_ D’abord nous ne les portons pas forcement toujours et ensuite être chevalier, c’est en premier accepter son étoile, le symbole de son armure et enfin son signe astrologique. Au début de l’apprentissage, on vous apprend à vous mettre en relation avec votre étoile pour réussir à porter des coups et à vous en protéger. Ensuite, vous apprenez, étant chevalier, à accepter ce que représente votre armure, par exemple Ikki a parfaitement comprit la renaissance de son armure et enfin, lorsque vous atteignez le sommet de la chevalerie, celui de Gold, vous apprenez à être en osmose aussi avec votre signe astrologique, à ce qu’il représente et à ses étoiles. Lorsque vous êtes en osmose avec votre étoile, votre armure et votre signe, votre armure devient comme une seconde peau qui ne pèse plus grand chose. Expliqua Mü, légèrement embarrassé.

Saga hocha une nouvelle fois la tête, toujours silencieux. Yorukoé repartit dans ses pensées.

Ils arrivèrent au Temple du Bélier. La nouvelle femme-chevalier l’admira longtemps, faisant et refaisant le tour pendant que Saga et Mü discutaient.