Chapitre 12 : le doute
Camus plaça sa main sur son épaule mais se redressa encore.
— Saga, arrête. Tu ne combats pas le bon ennemi.
— Ce n'est pas Athéna que je dois protéger mais Aphrodite. Athéna n'a fait qu'apporter le chaos sur Terre.
— C'est faux. Saga, écoute-moi, je t'en prie. Si tu refuses, je continuerai de défendre la cause que je crois juste. Saga ...
Le chevalier des Gémeaux semblait ne rien entendre aux propos de son ami. Si fallait-il se battre encore et toujours, contre des frères, des innocents. Camus réalisait bien que du point de vue de Callis et des autres Hippeuos, c'était lui qui était sur la mauvaise voie. Pourtant, les choses étaient ainsi et il ne les pouvait changer. Camus lança la poussière de diamant ; Saga la galaxian explosion. Si la glace atteignit le chevalier des Gémeaux, le Verseau parvint à contenir toute la puissance de l'attaque de son ami pour la renvoyer ensuite sur Callis.
Zeus regardait la scène d'œil perplexe. Pourquoi ce jeune homme se battait-il, dans son état, pour protéger Athéna ? Lui, le roi des Dieux, s'était-il trompé ? Athéna était-elle innocente ? Les desseins d'Aphrodite étaient-ils autres que ceux énoncés ? Il dévisagea un instant sa fille, assise à ses côtés. Il lui sembla lire une expression étrange sur le visage de la déesse.
Quelque chose d'autre tracassait le roi des Dieux. C'était Camus lui-même. Sa cosmo-énergie augmentait de minute en minute, malgré les blessures, malgré la fatigue. C'était plus que le cosmos d'un chevalier, c'était celui d'un dieu qui émanait du corps de cet étrange jeune homme. Zeus reprit la réflexion qu'il avait laissé quelques instants plus tôt. Qui était Camus ? Il regarda de plus près le cosmos du chevalier ; un cosmos doux et mélancolique, plein de rêve. Ce ne pouvait être que lui : Morphée, le dieu des rêves. Zeus était perdu. Il en était certain à présent, quelque chose lui échappait.
Le combat entre Callis, Saga et Camus semblait s'éterniser. Ni l'Hippeuos, ni le chevalier ne parvenait à venir à bout du Verseau. Il devrait bientôt les endormir s'il ne voulait pas être battu. Callis envoya vers lui une attaque enflammée ; il s'écroula. Un instant il resta immobile, face contre terre. Mais petit à petit, il se releva ; les poings serrés, une larme roulant sur sa joue, Camus invoqua le sommeil de glace. Son attaque fut tellement fulgurante, qu'elle atteignit aussi bien Saga et Callis que Mü et Eros. Tous dormaient à présent. Morphée tomba sur les genoux, à bout de force.
— Mon père, dit calmement Aphrodite, il a tué tout les Hippeuos ! Il doit…
— Ils ne sont pas morts, ils dorment, coupa Zeus. Cependant, sa volonté sans faille me fait douter quant à ton honnêteté ma fille. Mais que fait-il encore ? Oh…Morphée…
Camus s'était penché sur le corps de Mü, mais il avait changé de forme. Il ressemblait à Saori, à Kiki, à Shion. Il fit de même pour Saga et Milo. Puis la salle devint brumeuse et enrobée d'une lueur bleutée. Quelques instants plus tard, les trois chevaliers d'or se réveillèrent. Ils avaient retrouvé tous leurs esprits et ne comprenait pas comment ils avaient pu arriver jusques ici. Ils voulurent demander pardon à leur ami, mais celui-ci leur avait déjà pardonné.
Zeus se leva de son siège pour rejoindre Camus. Il n'était pas encore certain de pouvoir libérer Athéna. Aphrodite, alors, décida de proposer un marché à son père. Il restait un Hippeuos, le dixième. Si Camus pouvait supporter de se battre contre celui-là également alors cela prouverait l'innocence d'Athéna.
— Ce n'est pas une mauvaise idée. Mais il est épuisé. Pourquoi un…
— Un autre chevalier ? Mais père, s'il se bat, lui, contre le dernier Hippeuos, cela montrera que sa foi en la cause qu'il défend est réelle. Les autres chevaliers auront tous leurs moyens et la foi ne leur sera pas utile.
— C'est juste. Où est l'Hippeuos ?
— Zeus, dieu des dieux, écoutez-moi, dit vivement Saga. Libérez Athéna. Je vous en prie. Aphrodite a causé de bien grands maux sur Terre et a enlevé la princesse Saori Kido dans le seul but de déclencher une guerre. Elle a tout fait pour que l'un de ses Hippeuos meure et que vous punissiez en retour Athéna. Elle voulait simplement contrôler la Terre.
Zeus regarda sévèrement sa fille, puis les trois chevaliers auxquels Camus avait rendu la raison. Il lui était bien difficile de déterminer qui d'entre eux disait la vérité. Il choisit donc de voir si Morphée se battrait contre le dernier Hippeuos. Il ne pouvait croire des chevaliers qui changeaient de bord à tout moment, et la proposition faite par sa fille la mettait en danger.
Au même instant, dans la grande salle, entra une jeune fille tout à fait charmante, aux cheveux bruns, aux yeux noisette et vêtue d'une délicate armure d'Hippeuos. L'Hippeuos de la Créativité était entrée, Naïa.