Chapitre 11 : un combat décisif

Zeus regarda sévèrement Athéna. Celle-ci baissa les yeux, honteuse. Elle se ressaisit cependant bien vite. — Ma fille bien aimée, toi que j'ai toujours chérie plus que tout autre, comment peux-tu ainsi me décevoir ? — Père, je n'ai fait qu'une erreur, une seule, pardonnez-moi.

Saori et Athéna étaient à présent deux jeunes femmes distinctes. Saori s'était évanouie. Athéna était une belle jeune fille aux cheveux bruns qui ondulaient gracieusement dans son dos. Ses grands yeux bleu-vert seuls rappelaient encore Saori. Elle était vêtue de blanc et coiffée comme la statue du sanctuaire. Elle jeta un regard attristé au corps de Saori.

— C'est vrai, mais ton erreur est trop grande mon enfant. Je vais devoir te punir, pour un temps tout du moins, mais sache qu'à présent tu n'es plus la protectrice de la Terre. Aphrodite te remplacera dans cette tâche. Tu demeuras dans le royaume d'Eole, le dieu des vents. Là, il te faudra contenir ou libérer les vents les plus violents sur l'océan selon la volonté des autres dieux. Tu te trouveras sur un pilier au milieu de l'océan. Tu ne seras acquittée de cette tâche que lorsque je le déciderai.

Camus arriva pendant ce temps au palais d'Aphrodite. Il s'avança à pas de loup, inquiet de ne trouver personne pour lui barrer la route. Le palais paraissait désert pourtant il ne pouvait l'être. Il sentait les cosmos de ses compagnons chevaliers d'or brûler non loin de lui. Mais où étaient-ils ? Aioria avait soudainement disparu. Quelque chose d'étrange était arrivé à Athéna, mais elle était toujours en ce lieu. Le jeune homme avança, hésitant. Il arriva près d'une grande salle, semblable à un temple du Sanctuaire, en plus majestueux et élégant encore. Il regarda de loin. La réincarnation d'Athéna était évanouie sur le sol dallé. Athéna, la véritable déesse, se tenait face à Zeus et Aphrodite. Camus entendit les propos du père de la déesse qu'il protégeait depuis toujours ; il but chacune de ses paroles mais jugea cependant bon de ne pas se montrer. Zeus s'apprêtait à renvoyer Athéna et Saori lorsque, derrière Camus, apparut Peitho. Les trois dieux furent surpris et l'empereur décida de regarder se battre les deux jeunes hommes, pour se distraire. Avant cela, il envoya tout de même Saori auprès de Seiya. Il ordonna qu'on apporte trois sièges pour que ses filles et lui-même puissent savourer le spectacle. Une fois installé, Zeus regarda de plus près le chevalier du Verseau. Il y avait quelque chose d'extrêmement noble chez ce garçon. Il semblait le connaître. Il observa ensuite sa fille. Athéna devait être montrée comme punie, elle serait donc d'ores et déjà envoyée sur son pilier. Les autres Hippeuos et les chevaliers d'or « charmés » arrivèrent à leur tour, alerté par le bruit occasionné par les divers déplacements. Etrangement, Mü, Milo et Saga, ses amis, agissaient comme s'il était pour eux un ennemi. Cependant, il savait ce qu'il avait à faire, Naïa le lui avait soufflé.

— Je ne veux pas me battre contre toi. Je veux juste rendre la raison aux chevaliers et réhabiliter Athéna. Tu le sais aussi bien que moi, Peitho, Athéna n'a pas choisi de se battre et Aioria n'aurait jamais tuer cet Hippeuos si ce même Hippeuos n'avait auparavant tué son frère.

— Trêve de bavardages ! Si TU ne veux pas te battre, je t'achèverai sans hésiter. Ou je ferai en sorte que tu te joignes à nous, comme je l'ai fait pour tes amis. Ils ont compris les horreurs commises par Athéna.

— Ça ne prend pas sur moi. Oublie !

Peitho se mit en position et se prépara à attaquer. Il lança ses terribles révélations, mais rien n'y fit, l'attaque n'avait aucun pouvoir sur Camus. Les deux adversaires commencèrent alors à combattre au premier sens du terme. Tout devint blanc et givré autour du chevalier du Verseau qui lança la poussière de Diamant avec tant de force que l'armure de Peitho fut partiellement gelée. Celui-ci, furieux, se jeta sur Camus. Le jeune homme évita le coup, mais fut tout de même blessé à l'épaule. Il décida alors d'utiliser ses pouvoirs nouveaux pour venir à bout de l'Hippeuos de la Persuasion.

— Qu'un sommeil éternel s'empare de toi « o t o u k r u s t a l l o u u p n os »