Chapitre 13 : Camus et Naïa - la fin

Les deux jeunes gens se regardèrent un long moment sans même oser bouger. Camus était exténué et il n'avait pas la force de se battre contre ELLE. Pourquoi fallait-il que ce soit Naïa ? Pour quelle raison étrange était-elle le dernier Hippeuos ?

— Combattras-tu chevalier ? demanda Zeus, gravement.

— Oui, s'il le faut, je le ferai.

Naïa rejoignit son adversaire. Une fois encore, ils se regardèrent intensément, sans ciller, sans parler. Mü, Milo et Saga observaient leur ami avec surprise. Il semblait si émotif ce jour-là, face à cette jeune femme ; une larme s'était cachée au coin de ses yeux. Très vite cependant, il se ressaisit. Ses sentiments ne devaient en aucun cas l'aveugler. Le jeune se concentra et fit apparaître autour de lui la même brume bleutée que plus tôt. Naïa la dissipa et envoya, en un instant, Camus voler contre le mur derrière lui. Il se releva et attaqua la jeune femme. Elle n'essaya même pas d'éviter le coup. Elle se laissa frapper de plein fouet. Ses genoux se dérobèrent sous elle, la faisant tomber. Morphée se précipita vers elle et la rattrapa juste avant qu'elle ne tombe.

L'assistance était subjuguée. Les chevaliers d'or ne pouvaient se résoudre à croire le spectacle qui s'offrait à leurs yeux. Zeus se leva avec précipitation. Aphrodite lança un regard satisfait vers son fils endormi.

L'armure gelée de Naïa s'était brisée ; elle demeurait désarmée dans les bras du chevalier du Verseau. Elle le regardait avec amour et tristesse. Camus ne put se contenir plus longtemps. Les larmes crevèrent ses yeux.

— Je ne peux pas, je ne peux pas te faire de mal. Je … Oh ! Athéna, pardonne-moi, mais je suis incapable de te défendre aujourd'hui, murmura-t-il en levant les yeux au ciel.

Il se redressa, portant l'Hippeuos dans ses bras et s'éloigna. Tous restèrent sans voix. Zeus lança un regard noir à sa fille qui essayait de s'en aller discrètement.

— Qu'est-ce que cela signifie ? Aphrodite ! Tu as menti !

— Père…

— Zeus, nous vous en prions, libérez Athéna ! Rendez lui la protection de la Terre ! supplia Saga.

— Je veux d'abord comprendre. Pourquoi est-il parti ? Aphrodite ?! Pourquoi Morphée a-t-il emporté cet Hippeuos ? S'il a agi ainsi, je crois que sa foi en Athéna n'était pas complète ou alors, était-ce …Etait-ce l'amour qui régissait ses pas ? Je tiens à savoir ! Il le faut !

— J'ai lu dans son cœur que l'amour que le chevalier du Verseau porte à cette jeune fille est trop grand. Il n'a pu se résoudre à la blesser même s'il a pour cela dû abandonner le combat, expliqua calmement Mü.

Zeus demeura silencieux un long moment. Il regarda tour à tour sa fille et les chevaliers. Soudain, il claqua des doigts et Aphrodite remplaça Athéna sur le pilier des vents au milieu de l'océan. Athéna apparut à ses gardiens. Puis son père fit revenir le corps de Saori qui redevint aussitôt la déesse.

— Je te fais confiance ma fille, sois en digne. Retourne au Sanctuaire avec tes trois chevaliers. Je ne peux te rendre le chevalier du Lion car il doit accomplir à jamais son châtiment. Quant à celui qui par son courage et son dévouement t'a sauvée, je ne peux le renvoyer. Camus du Verseau est à présent Morphée, il doit rester parmi les dieux.

Sur ce, Athéna et les chevaliers d'or s'en allèrent. Zeus, quant à lui, partit à la recherche des deux jeunes gens en fuite. Il les trouva exactement là où il pensait les voir : près de la rivière que protégeait Naïa. Il y découvrit Camus qui soignait avec tendresse la naïade, la faisant boire l'eau pure de la source.

Le dieu des dieux expliqua à Morphée son rôle nouveau, aussi pourrait-il vivre auprès de Naïa. L'ancien chevalier du Verseau accepta. Mais d'abord, il devait sortir les Hippeuos de leur sommeil de glace. Quand cela fut fait, il retourna auprès de son aimée.

Depuis lors, chaque nuit, Morphée rend visite en rêve aux autres chevaliers, ceux qui, un jour, avaient été ses amis. Il visite son disciple Hyoga et le guide. Mais avant toute chose, il vit auprès de Naïa, l'aime et la protège dans leur vie éternelle qui a débuté.

Fin