Chapitre 6 : le réveil d'Athéna
Saori ouvrit doucement les yeux. A ses côtés, un magnifique jeune homme blond attendait son réveil. Il avait dans le dos des ailes et sur les genoux un arc et des flèches d'or. Il était vêtu d'un simple rectangle d'étoffe drapée blanche, tenu à la taille par un cordon. Éros regarda longuement Athéna. Lorsque la déesse fut tout à fait éveillée, il la prit par la main pour l'aider à se relever avant de la conduire jusqu'à Aphrodite, sa mère. Saori suivit le garçon sans résistance, charmée par l'aura envoûtante qui l'entourait. Elle était comme hypnotisée.
— Athéna, enfin réveillée. Cela faisait tellement longtemps que nous ne nous étions vues, ma sœur.
— Comment peux-tu me parler en ces termes alors que tu es à l'origine de tant de guerres, de tant de malheurs sur Terre.
— Joins-toi à moi ! C'est vrai, j'ai voulu en finir avec toi, mais depuis, j'ai songé aux propos que j'ai tenus face à toi. Je ne compte pas te tuer. Cependant Athéna, tu as tant de fois sauvé les Hommes d'une fin certaine, et comment te le rendent-ils ? Ils se battent et se haïssent plus que jamais. Est-ce bien là une manière d'être reconnaissants du salut que tu leur as apporté ?
— Mais, tout ceci es ton œuvre, répondit Saori, indignée. Tu ne souhaites qu'une chose : régner sur la Terre. Tu me l'as dit toi-même. Tu veux que les hommes te vénèrent et t'aiment plus que tout, tu désires me tuer plus encore.
— Tout ceci n'était que diversion. Je veux un monde où règne l'amour et la beauté ; un monde à mon image. Tu peux régner sur cette Terre avec mon fils et moi. Tu peux aussi bien m'abandonner la Terre. Je veillerai sur elle.
— C'est assez ! Tu me mens et crois me convaincre de t'abandonner mon devoir ainsi. Mais cesse de te jouer de moi ! Je ne suis pas née de la dernière pluie !
— Comme tu voudras. Puisque tu ne veux pas comprendre... Hilotes ! Veuillez mener cette jeune fille dans la chambre, ordonna-t-elle froidement aux soldats.
Athéna se laissa conduire sans un mot. Elle entra une petite pièce remplie de myrtes. Une fine fumée d'encens flottait dans l'air, embaumant l'endroit d'un parfum capiteux. La jeune fille s'assit sur un lit au centre de la pièce. On l'enferma seule dans cet étrange appartement.
Callis regardait avec attention les trois chevaliers qui lui faisaient face, toujours attendant les présentations qu'elle avait exigées d'eux. Elle commençait à perdre patience. Pourquoi ne voulaient-ils pas dire mot ? Elle s'apprêtait à réitérer sa question lorsque Eros arriva. Callis le regarda amoureusement alors que les autres voyaient plutôt cette arrivée soudaine d'un œil mauvais. Le jeune homme annonça aux trois Hippeuos de le laisser seul avec les chevaliers d'or. Ils refusèrent, mais s'éloignèrent cependant, laissant le combat à Eros.
— Saga des Gémeaux, Mü du Bélier, Shura du Capricorne… Protecteurs d'Athéna, contre quoi vous battez-vous ?
— Laisse-nous passer, dit calmement Saga. Nous ne voulons que sauver Athéna.
— Quel danger court-elle ?
— Je sais ce qui se passe sur Terre. Je ne suis pas idiot ! Les hommes ne tombent pas amoureux comme ça, c'est moi qui suis à l'origine de ce sentiment inexplicable, moi ou ma mère. Tout dépend du contexte ; cette fois, c'était Aphrodite. Je ne peux pas vous laisser passer. Je suis un Hippeuos.
— Très bien, dans ce cas, il faudra nous battre, trancha Mü.
Eros ne bougea pas un cil. Saga se mit en position, les poignets joints, les mains écartées de façon à accueillir une sphère d'énergie. Puis, il lança, dans un éclat de lumière violette éblouissant, sa galaxian explosion, la plus puissante de ses attaques. La boule d'énergie ne fit toutefois qu'effleurer l'Hippeuos qui renvoya son attaque au chevalier des Gémeaux. Les trois jeunes hommes n'évitèrent l'attaque que grâce au mur de cristal de Mü, sans quoi ils auraient tous été touchés. Alors, Shura, que l'attitude arrogante d'Eros faisait enrager, se précipita sur le jeune dieu, pensant pouvoir en venir à bout. A peine le Capricorne se fut-il approché que l'Hippeuos l'agrippa par la gorge et le souleva de terre. Mü, furieux, lança sur lui sa Stardust Revolution, mais rien n'y fit. L'attaque du chevalier du Bélier fut elle aussi repoussée. Saga et Mü étaient parfaitement impuissants face à ce jeune homme qui de ses mains nues étranglait leur ami plaisir et violence. Au bout de quelques instants, Eros relâcha sa prise, laissant Shura gisant sans vie dans la clairière fleurie.