Chapitre 1 : Convalescence étrange
Voilà maintenant deux mois que la guerre du Sanctuaire s’était terminée et les chevaliers de bronze récupéraient leurs forces. Deux mois qu’ils étaient à l’hôpital de la Fondation. Deux mois que Saori veillait. Elle se sentait responsable de ce qui était arrivé mais savait que le devoir de tout chevalier était de la protéger au péril de sa vie.
Miho venait souvent au chevet de Seiya et June à celui de Shun. Quand à Shunreï, elle avait réussi à obtenir la permission du Vieux Maître de venir s’occuper de Shiryu. Tous étaient dans un semi coma inquiétant mais les médecins restaient quand même confiants.
La déesse avait confié le Sanctuaire aux chevaliers d’or. Seul le Vieux Maître n’était pas présent pour le faire mais il avait déjà sa mission. Ensemble, ils réussiraient à rétablir l’équilibre qui s’était perdu durant ces treize dernières années. Elle en était sûre même si la tâche semblait ardue et elle leur faisait une confiance absolue. Elle sourit en repensant à leur tête quand elle avait annoncé sa décision. Ils s’étaient sûrement demandés si elle ne leur jouait pas un mauvais tour car quand même, ils avaient empêché l’avancement de Seiya et de ses compagnons et ainsi mit la vie d’Athéna en grand danger.
Le soir commençait à tomber. Les chants des oiseaux perchés dans l’arbre avoisinant la fenêtre se firent entendre une dernière fois tandis que le Soleil disparaissait peu à peu derrière l’horizon mais aussi quelques nuages gris. Saori regarda Hélios le cœur rempli d’espoir mais aussi d’inquiétude. Elle ne savait pas si ses chevaliers allaient se rétablir un jour tant leurs blessures étaient impressionnantes mais elle savait une chose : « demain est un autre jour ».
Assise à gauche de Seiya, elle observa tour à tour le chevalier Pégase, Shiryu qui était à sa droite, Hyoga, Shun et Ikki tout les trois en face d’elle. Elle repensa à plusieurs souvenirs, notamment à leur début de relation difficile, quand son ventre la rappela à l’ordre. En effet, son estomac criait famine car elle n’avait rien mangé depuis le petit-déjeuner. A contre cœur, elle se leva et sorti de la chambre commune aux cinq bronzes. Il y avait un distributeur pas loin. Elle nota que la pluie et le vent commençaient à battre les vitres et qu’ils étaient de plus en plus violents. Heureusement Saori avait bien vérouillé les fenêtres quand elle avait remarqué de gros nuages gris venir vers l’hôpital. En traversant le couloir bien calme il y a cinq minutes, elle remarqua que l’agitation était à son comble. Sans doute un accident avait eu lieu pas très loin d’ici. Une fois arrivée, elle observa attentivement les différents produits proposés par le distributeur. Autant se faire plaisir en prenant du chocolat.
En retournant à la chambre, la pluie n’avait toujours pas cessée. Elle poussa la porte et entra. Elle se prépara à s’asseoir sur son siège habituel quand elle réalisa soudain grâce à un courant d’air froid et humide que l’une des fenêtres était ouverte. Mais le plus alarmant, ce fut ces traces de pas partout dans la pièce qui allait d’un chevalier à l’autre. Saori s’affola encore un peu plus quand les flaques laissées par la personne qui était entré s’évaporèrent sous ses yeux.
- C’est impossible ! De l’eau ne peut pas s’évaporer aussi vite ! se dit-elle. Qui donc peut avoir un tel contrôle sur l’eau pour pouvoir le faire évaporer en l’espace de quelques secondes? Question sans réponse et elle le savait. Elle pensa à Poséidon mais celui-ci était enfermé dans son urne pour encore un moment. Plongée dans ses réflexion, elle ne remarqua pas la forme fugitive sortir sans un bruit de la chambre par la fenêtre qu’elle n’avait pas refermée et que les blessures des chevaliers de bronze avaient diminué considérablement.
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Cela faisait quatre semaines que les visites nocturnes continuaient et, contrairement à ce que Saori avait tout d’abord penser, Seiya et les autres allaient de mieux en mieux. Elle n’avait parlé à personne de ces intrusions mais à quoi cela aurait servi. Elle avait bien essayé de surprendre la personne mais n’avait seulement pu savoir que son visiteur était une femme et c’est tout ce qu’elle réussit à apprendre. Tant pis si elle n’avait pas sa description. De plus, si la première intrusion s’était faite au coucher du soleil, les suivantes se fesaient aux alentours de 23h00.
Les médecins avaient autorisé aux chevaliers de bronze des sorties en plein air. Ils étaient étonnés de les voirent rétabli aussi rapidement mais ils ne posaient pas de question car ils pensaient que les chevaliers du Tournoi Intergalactique devaient avoir une capacité de régénération hors norme et les radios le prouvaient clairement. Ils n’étaient pas très loin de la vérité.
Dans la cour de l’hôpital, Miho se battait souvent avec Seiya pour le résonner de ne pas faire trop d’effort mais celui-ci n’en faisait qu’à sa tête. June et Shunreï étaient quand à elles aux petits soin de Shun et Shiryu qui se laissaient faire. Ikki lui restait dans son coin mais venait quelque fois plaisanté avec les autres, ce qui était exceptionnel mais sa nature solitaire reprenait tout le temps le dessus. Hyoga restait souvent pensif et lorsque les autres lui demandait à quoi il pensait, soit il ne disait rien, soit il leur répondait qu’il cherchait une blague à raconter. Tous savaient qu’il mentait mais il était inutile de l’embêter avec ça.
Pendant une sortie comme les autres, Saori s’approcha d’eux et commença à parler, assez nerveusement :
- J’ai quelque chose à vous avouer.
Tous la regardèrent avec étonnement et Hyoga demanda :
- Quoi donc princesse ?
- En fait, environ deux mois après votre hospitalisation, quelqu’un venait vous voir la nuit. Je n’ai jamais pu voir le visage de cet intrus. Plus tard, à force de vouloir surprendre l’inconnu, j’ai réussi à savoir que c’était une femme mais c’est tout ce que je sais.
Ils restèrent un moment interdit quand Shunreï prit la parole avec une colère qu’elle n’aurait pas voulut dans sa voix :
- Pourquoi ne nous avoir rien dit ? Vous auriez pus au moins nous tenir au courant ! Cette femme voulait peut-être les tuer ?
- Si je n’ai rien dit c’est parce que à chaque visite qu’elle faisait, ils allaient un peu mieux ! Elle les guérissait donc ! répondit-elle en désignant Seiya, Shun et les autres. Je voulais le faire mais étant donné qu’il ne c’est rien passé, je me suis abstenue. Il était inutile de vous alarmer pour si peu.
- Pour si peu ? Vous vous moqué de nous !
Cette fois, c’était June qui parlait, tout en frôlant l’insolence pour une femme chevalier.
- Et si cette intruse les soignait pour mieux les tuer après ? Peut-être qu’elle les a empoisonné ! On ne connaît pas ses intentions. Moi, je propose que nous restions sur nos gardes, on ne sait jamais.
- Tu ne trouves pas que tu en fais un peu trop June. répliqua Shun. A mon avis, si cette femme avait voulu nous tuer, il y a longtemps que nous serions morts. Or il n’en ait rien.
- Shun a raison, déclara Shiryu de sa voix sage et autoritaire. En attendant il vaudrait mieux que nous rentrions. Les médecins ne vont pas être contents. Et on en profitera pour réfléchir tranquillement.
En rentrant, tous étudièrent une question qu’ils pensaient primordial : Qui était cette femme et que voulait-elle ?
Cachée derrière un arbre de la forêt de la cour de l’hôpital, une ombre féminine guettait Athéna et ses amis. Elle fut bientôt rejointe par une autre.
- Il ne savent pas si ils doivent te considérer comme une alliée ou une ennemie, remarqua la personne qui venait d’arriver, aussi féminine que la première.
- Je m’en fiche complètement vois-tu. Ce n’est pas ça qui va m’empêcher de faire ce que vous m’avez confiée.
- Arrêtes ce genre d’insolence, décréta la deuxième ombre d’un ton agacé. Quand tu t’adresses à moi, tu me vouvoies d’accord ? Je suis tout de même ton maître alors obéie ! Tu as de la chance que nous te tolérons bien. Certains seraient moins cléments. Et retourne au Sanctuaire. La deuxième partie de ta mission va bientôt commencer.
- Pff ! Rabat-joie. En ce qui concerne mon insolence, sache que je ne changerai pas, s’exclama cette dernière d’un ton triomphant et commença à tourner les talons.
- Je le sais, malheureusement. Je te connais assez pour ça. Au fait, attend un peu avant de t’aventurer au Sanctuaire. On va en profiter pour perfectionner ton entraînement.
- Oui ô mon maître adorée.
- Tais-toi, je n’aime pas le ton que tu prends.
- Oui ô mon maître adorée.
Un soupir de lassitude et d’exaspération, puis deux ombres qui partent aussi silencieusement et mystérieusement qu’elles sont venues.
Cinq jours plus tard, la guerre d’Asgard et de Poséidon éclatait.