5. L'histoire cachée du vieux maître.
Quand Shiryu se réveilla, il était dans une cave humide et sombre. A première vue, il était seul et ses blessures avaient été soignées, même son bras ne contenait plus cette espèce d'épine. Il essaya alors de se relever mais il était encore trop faible et s'écroula par terre. C'est alors qu'une porte s'ouvrit et Shiryu vit une silhouette floue s'approché vers lui. Shiryu vit alors que c'était l'homme qui l'avait sauvé et que c'était en fait une femme. Elle l'aida à se remettre sur le lit puis il lui demanda :
-« Qui es tu ?
- Je suis Lady Fae. Lui répondit elle.
- Où suis je ?
- Dans mon repère. Tu ne risques plus rien ici.
- ...
- Que venais tu faire dans ces contrées lointaine ? Tu ne tenais donc plus à la vie pour t'être aventuré jusqu'ici ? »
Shiryu lui raconta alors ce qui l'avait poussé à venir jusqu'ici. A l'évocation du vieux maître elle parut se troubler un peu mais elle redevint vite impassible. Elle sourit puis lui dit d'un ton grave :
- Retourne chez toi tant que tu es encore vivant et que tu le peut encore.
- Jamais. Rétorqua Shiryu.
J'ai besoin de trouver se maître pour pouvoir continuer ma formation de chevalier et retourner au cinq pics.
- Cela vaut plus que ta vie ?
- Si je ne réussis pas ma vie n'a plus de sens. Plutôt être mort que d'accepter un tel déshonneur.
- Mais pauvre fou as tu vu ce qui règne en ces lieux ?
- Oui mais cela ne m'arrêtera pas, je dois aller jusqu'au temple pour rencontre le maître.
- Inutile d'aller jusque là ! Il n'y est plus !
- Comment !! Que dis tu ? C'est impossible !
- C'est pourtant la vérité.
- Tu sais où il est allé n'est ce pas ?
- Oui je le sais.
- Dit le moi.
- Pas question. Retourne chez toi.
- Dis moi où il est allé. Sinon je serais obligé de te forcer.
- Tient donc ! Tu sais à peine bouger et tu penses être en mesure de me battre ?
- Bien sur et je le prouve ! Disant cela, il s'élança vers la femme le poing levé et frappa dessus de toutes ses forces. Mais au moment où il pensait l'avoir touché, son image disparut et Shiryu ne frappa que de l'air. Il n'eut le temps que de se retourner pour la voir derrière lui. Elle tendit le doigt vers lui et un éclair en jaillit. Il plaqua Shiryu au mur puis s'estompa. Shiryu retomba lourdement sur le sol. Il se releva quand même péniblement. Quelle force de caractère pensa-t-elle. Il se remit droit et fit mine de réattaquer mais elle l'arrêta d'un geste.
-« Si je te dis où se trouve le maître que tu cherches, promets tu de partir d'ici ?
- Je ne peux promettre cela. Je suis venu pour recevoir l'enseignement de ce maître et je ne partirais pas avant.
- Pauvre fou que tu es. Sache que le maître que tu cherches est juste devant toi. »
Shiryu n'en cru pas ses oreilles. Impossible !! Elle paraissait si jeune. Comment pouvait elle être ce maître.
- « Sache que j'ai connu ton maître il y a à peu près deux cents ans. Nous nous sommes entraînés ensemble pendant un temps. Mais tandis que lui à continué son entraînement pour être chevalier, moi je suis partie étudier les vieux grimoires pour augmenter mon savoir car les femmes ne pouvaient encore être chevalier à cette époque et j'ai finalement réussi à briser les secrets de la magie ancestrale.
- Impossible. Mon maître n'était pas un chevalier.
- C'est pourtant vrai. Nous nous sommes revus bien longtemps après et nous avons passé bien des années ensemble. Une note de tristesse et de mélancolie pointa dans sa voix. Mais la guerre arrivait et un jour il dut partir pour combattre un dieu au nom d'un autre dieu. J'ai essayé de l'empêcher mais comme toi aujourd'hui il était têtu et sou prétexte que c'était son devoir, un matin il est partit. Avant de partir je lui offris un cadeau d'une valeur inestimable, il reçut dans son dos la marque de la magie. Il dît que comme cela je serais un peu avec lui pendant les combats et que dans les moments les plus durs, cela lui ferait penser à moi et lui permettrais de vaincre tous les obstacles. Pendant son absence les forces du mal on attaqué cette ville où nous avions connus des jours si heureux. J'ai fait mon possible pour protéger la cité mais ils étaient trop nombreux et jour après jour nos forces s'estompaient. Voyant notre fin venir, nous réunîmes tous les mages pour prendre une décision et essayer de trouver une solution. La seule solution qui fut trouvée fut de réunir toutes les forces des mages et de les projeter dans un seul individu. Seulement le sort pour réaliser un tel exploit est long et difficile de plus que l'homme qui aurait le bonheur ou le malheur d'être tiré au sort aurait la vie éternelle.
- La vie éternelle.
- Oui. Mais tout à un pris, il serait à jamais enchaîné à la ville où le sort serait effectué, condamné elle aussi à l'éternité. Comme tu t'en doutes je fus tiré au sort. Qu'à jamais soit maudit ce jour. Enfin bref, ce jour là nous nous réunîmes dans la grande salle des invocations. Le rituel commença et pendant deux jours nous fumes totalement absorbé par les incantations innombrables à réciter. Seulement au bout du deuxième jour, l'un d'entre nous, sans doute sous l'effet de la fatigue, se trompa dans la formule. Nous ne le vîmes que trop tard. Et plutôt que d'absorber les énergies des mages présents, fut aspirée toute l'énergie de tous les habitants de cette ville. Je fut bien sur en mesure de chassé les monstres mais condamnée à jamais à une éternité de guerre pour protégé une ville sans habitant. Voilà plus de deux cents ans maintenant que je me bats chaque jour pour repousser leurs assauts. Et je commence à être fatiguée de cette vie qui n'en est plus une.
- Mais le vieux maître...
- Il n'est jamais revenu. Je pensais qu'il était mort à la guerre. Mais d'après ce que tu m'a raconté ce ne fut pas le cas. » Une larme glissa alors le long de sa joue.
- « Depuis que je m'entraîne aux cinq pics, je n'ai jamais le maître bouger de son rocher. Il est peu être sous l'influence d'un sort maléfique comme toi.
- Cela m'étonnerait, aucun sort n'est assez puissant pour le retenir. Il doit faire cela de son plein gré. Je suppose qu'il doit avoir ses raisons. Tu m'entend Dokho je ne t'en veut pas ». Cria-t-elle dans les oreilles de Shiryu qui cru que sa tête allait explosé.
- Pourquoi me criez vous dessus comme cela. Il ne peut pas nous entendre de toutes façons.
- Haha ha. Détrompe toi. Il est toujours présent près de toi. Il a entendu tout ce que nous avons dit. Comme il a vu tout ton parcours jusqu'ici. Il ne te quitte jamais vraiment.
En effet, à quelques milliers de kilomètres de là, un vieillard sur un rocher pleure. Avec une jeune fille à ses pieds qui l'interroge sans cesse sur le destin de celui qu'elle aime.