3. Jardinage

Après plusieurs jours de marche forcée, il arriva enfin, assoiffé et affamé, à une rivière. Il était au sommet d'une montagne et pouvait voir que plus loin, beaucoup plus loin, la rivière s'enfonçait dans une forêt. Il passa le reste de la journée à se restauré puis passa la nuit sous un arbre et finalement au petit matin, il reprit sa route. Il fut surpris de voir que la griffe du monstre qui l'avait attaqué quelques jours plus tôt, et qui était toujours dans son bras, ne donnait lieu a aucune infection mais qui au contraire, c'était cicatrisée et ne semblait plus faire qu'un avec son bras, il ne ressentait d'ailleurs plus aucune douleur et il pouvait bouger sans difficulté. Sans plus s'en soucier, il se concentra sur le trajet à parcourir pour arriver jusqu'à la forêt. Il décida de descendre le cours du fleuve près de la rive jusqu'à l'orée de cette fameuse forêt. Bien que le chemin soit tout tracé, la progression dans cette agglomération de liane, fougère et sable mouvant n'est pas aisée et il n'avançait pas très vite. Il continuait néanmoins le plus vite qu'il le pouvait. Soudain il sentit son pied être retenu par quelque chose, il se retourna et vit que son pied était pris dans une racine, il se baissa, défit la racine et fit mine de repartir mais son autre pied venait d'être pris lui aussi par une racine. Il se pencha donc et défit la racine puis continua à avancer. Il remarqua à une dizaine de mètres devant lui une fleur d'un rouge sang qui poussait sur le haut d'un buisson d'un petit mètre de haut. Il se dirigea vers cette fleur d'une beauté hors du commun. Arrivé à quelques centimètres de celle-ci, sa beauté semblait de plus en plus éclatante.

Fasciné, il tendit la main et la cueillit, il avait bien l'intention de l'offrir à Shenreï quand il rentrerait aux cinq pics, mais il n'avait pas fait une demi seconde avec la fleur dans ses mains qu'une énorme racine sortit du sol, s'enroula autour de lui et l'éleva dans les airs. Elle se rabattit brusquement, envoyant Shiryu violemment sur le sol. Shiryu, à moitié assommé par le choc et broyé par la racine avait du mal à rester conscient. La racine le tira alors sur une bonne centaine de mètre vers la forêt, « elle veut visiblement m'entraîner vers « sa bouche » pour me manger » se dit Shiryu. Il ne pouvait pas bouger et se dit que la meilleure solution s'était d'attendre que la plante ait fini de le traîner et quand elle essayerait de le manger, il pourrait essayer de s'enfuir. La course de Shiryu se finit devant un coude du fleuve et à quelques mètres de l'orée de la forêt. Il avait devant lui un gigantesque ... Truc, de quatre mètres de haut couronné d'une espèce de bulbe géant qui s'ouvrait en deux et qui laissait entrevoir à l'intérieur un liquide d'un vert foncé qui lorsqu'il était éjecté sur le sol brûlait tout ce qui y touchait. Il était rattaché au sol par une seule tige d'un bon mètre de diamètre. Shiryu vit avec horreur que la racine l'entraînait vers cette bouche apocalyptique.

C'est alors que la racine le fit décoller du sol avec une impressionnante facilité, elle se mit à la hauteur de sa bouche et lança Shiryu vers l'intérieure de sa bouche. Shiryu s'agrippa désespérément à la racine et échappant à la bouche retomba sur le sol. La plante entra dans une colère folle, on entendait un puissant grognement accompagné par un bruissant continuel de centaines de racines qui fouettait l'air et qui essayait de frapper Shiryu. Après quelques esquives maladroites, il fut frapper violemment au torse et roula sur le sol, il se releva et vit à quelques mètres de lui l'énorme tige de la plante. Il concentra alors son cosmos et frappa de toutes ses forces la tige qui se coupa net. La plante s'écroula dans un cri strident et un bruit sourd acheva sa chute et son agonie. Shiryu courut vite se mettre sous le couvert de la forêt où pensait il, il serait en sécurité. Il regarda encore une fois la fleur pour laquelle il avait été enlevé et la mis bien à place dans sa ceinture. Il contempla alors la luxurieuse végétation qui s'étendait devant lui. Il ne put réprimer un frisson en pensant que toutes ces plantes pouvaient être du même genre que celle qu'il venait de quitter. Reprenant son souffle, il repensait aux paroles du vieux maître. Il devait donc rechercher à présent un vieux temple. Se résumant les péripéties qu'il venait de vivre, il se dit que l'entrée du temple ne devait sûrement pas être gardée par une armée de coccinelles et se remit vite en marche.