Le Sanctuaire de Samos — Partie 14
Cette brève déclaration n’avait aucun ton agressif, encore moins hautin, bien au contraire, elle fut prononcé d’un ton faible et normal. Tout en cet homme contrastait avec les précédents défenseurs d’Héra. Ikki, lui, avait pris les devants : - Et bien puisqu’il en est ainsi, je serais ton adversaire chevalier ! Ikki laissait volontairement ses amis en arrière, en entendant d’immobiliser son adversaire, pour leur permettre de passer cet obstacle pendant qu’il s’occupe de Dakovica, ou encore mieux pour le vaincre instantanément. Ikki se mit alors en garde, pendant que son ennemi restait campé sur ses positions. - Et bien ? Tu ne m’attaques pas ? Où est passé le défenseur d’Héra ? D’un ton calme, Dakovica lui répondit : - Puisque tu insistes Phénix, reçois ma première attaque : Entrez tous dans les plaines de l’autre Monde, celles qui introduisent l’Hadès ! Dakovica ne changea pas fondamentalement de position, mais créa simplement une boule d’énergie qu’il dirigea vers Ikki. Celui-ci la reçut de plein fouet et disparut sous un épais nuage. Quelques instants s’écoulèrent sans que rien ne se passe. Dakovica demeurait debout face aux autres chevaliers de bronze, et semblait attendre quelque chose, alors qu’il venait de faire disparaître un puissant adversaire, comme il avait pu le juger, en mesurant l’étendue de son cosmos.
Deux secondes plus tard, Ikki réapparut dans le dos de Dakovica, tourné vers la sortie de son temple, le corps tourné vers l’avant, penché sur son genou, et avec le majeur de sa main droite pointé vers la sortie de ce temple. En se retournant, il déclara : - Te voilà prisonnier de l’Illusion du Phénix, celle qui rend mes adversaires vulnérables, et sous mon emprise. Je vais maintenant t’achever personnellement et rapidement car notre temps est compté ! D’un geste, en abaissant sa main gauche qu’il avait tendue, il fit tomber Dakovica dans un profond coma. Son corps tomba à terre, et Marine constata, non sans avoir prit ses précautions, que son coeur ne battait plus. Des visages de satisfaction mêlée de méfiance emplirent les figures des chevaliers. Ils sortirent sur leurs gardes de ce temple, non sans faire se retourner pour vérifier la position du corps de cet adversaire. Jabu félicita Ikki : - Avec toi nous n’avons plus rien à craindre Ikki ! Tu es si puissant ! Le coup de Ranevski a presque été une chance, car tu n’as nullement souffert pendant les premiers combats.. Ikki sourit à peine, et dit : - Continuons notre route, l’heure n’est pas aux réjouissances. Les quelques flambeaux qui jonchaient dorénavant la route des chevaliers d’Athéna n’étaient pas de trop pour ne pas qu’ils s’égarent ou qu’ils chutent dans ces chemins et ces escaliers tortueux. Le précédent combat avait permis à Shun et Shiryu de retrouver quelque peu leurs moyens, et ils courraient dorénavant devant les autres. Soudain, Ikki stoppa sa course, comme dérangé par une étrange impression.
Il se retourna vers le précédent temple, mais ne vit rien de surprenant. Tout le petit groupe s’arrêta alors, interrogé par l’attitude du chevalier du Phénix. Alors, la terre se mit à trembler de toute part. Les pierres se déchirèrent sous les pieds des chevaliers, comme si un cyclone brisait l’escalier de pierres sur lequel ils marchaient. Ils aperçurent alors une sorte de vision de Dakovica devant eux, un peu plus haut dans les escaliers, et celui-ci leur dit : - Avez-vous oublié ma sentence ? : Je vous ai envoyé à l’Entrée du Monde des Morts ! Avez-vous cru pouvoir fuir de la sorte ? Un immense précipice se créa alors, dans le bas de l’escalier où se trouvait le groupe des chevaliers. Ikki, ne put pas éviter d’être aspiré à l’intérieur, tout comme Jabu & Marine. Shiryu, Shun & Hyoga n’étaient pas réellement aspirés par ce gouffre immense, et parvinrent à s’accrocher à ce qu’ils pouvaient pour ne pas tomber dans le précipice béant. Alors que le souffle crée par Dakovica pour absorber les chevaliers par le fond ralentissait, Shun envoya sa chaîne nébullaire pour tenter de récupérer ses compagnons. Celle-ci devait avoir fait mouche, car il ressentait un poids au bout de la chaîne, et Shun la fit remonter. Seule Marine avait pu s’y accrocher. Shiryu se retourna vers l’avant mais l’image de Dakovica avait déjà disparu.
Le Sanctuaire de Samos
Lieu Inconnu
Ikki commençait à reprendre ses esprits. Il réalisait à peine la situation dans laquelle il se trouvait. L’environnement qui l’entourait était froid et sec, quelques collines se dessinaient aux alentours. Il n’y avait qu’un vent faible et calme dont la provenance était difficile à imaginer. Ikki ne connaissait pas ce lieu. Un peu plus loin de l’endroit où il se trouvait, il vit Jabu, qui reprenait ses esprits en se tenant la tête, assis à terre. - Où sommes-nous Ikki ? Es-tu déjà parvenu dans ce lieu ?, demanda le chevalier de la Licorne. - Je n’en ai pas la moindre idée. Mais cela doit être une illusion que nous impose Dakovica. - Comment le sais-tu ? - Regarde au-dessus de nos têtes, il n’y a pas de gouffre ! Nous ne sommes pas tombés dans un trou béant. Cela ne devait être qu’une illusion. Je ne dis pas que Dakovica n’a pas lui-même fait ce gouffre dans lequel nous avons cru sombrer, mais je pense que cela ne devait être que l’entrée d’un monde imaginaire où il nous a envoyés. Jabu se mit à marcher, comme pour chercher ses compagnons. - Que fais-tu ?, demanda Ikki. Cela ne sert à rien de chercher les autres, ils ne sont pas là. S’ils avaient été entraînés dans cette illusion, nous les aurions déjà trouvés avec nous. Dakovica ne peut pas créer des mondes parallèles à volonté, ou alors il défierait toutes les limites des illusions. - Tu dois avoir raison. Celui-ci semble déjà si réel. Les deux compagnons reprirent leur marche, sous la conduite d’Ikki, qui semblait moins apeuré que Jabu. Mais il n’en demeurait pas moins méfiant. Il n’y avait qu’une seule sorte de colline sur leur droite, qui semblait ressembler à une séparation, de telle sorte qu’ils ne pouvaient pas voir ce qui se trouvait à l’Est de leur position. Ils la gravirent, comme s’ils avaient été naturellement attirés par cet élément du paysage, et découvrirent un spectacle stupéfiant. En contrebas de la colline, se trouvait l’entrée du Monde des Ténèbres, telle que la décrivaient les anciens. La contrée la plus reculée du monde se dessinait ensuite vaguement au loin. - Non Ikki ! Ca n’est pas possible !… Ca ne peut pas être …Serions-nous morts ? Ikki continua à marcher devant alors que Jabu était resté statufié : - Tu commences à rentrer dans son jeu … C’est exactement ce qu’il veut que nous croyions. Dépêches-toi au lieu de trembler comme une feuille morte! Mon instinct me dit que nous touchons au but. - Quel but ?, demanda Jabu. Ikki se retourna alors et dit : - Tu ne comprends donc rien ? Dakovica nous teste et nous épie. Il va nous infliger des épreuves pour pouvoir sortir de son piège, et, à part en affrontant les divers risques de face, je ne vois pas comment nous allons sortir de ce traquenard. Ce n’est pas en restant immobiles que nous allons parvenir à sortir d’ici. Ikki reprit alors son chemin, calmement mais prévint Jabu :
- Si tu veux rester planter ici comme un poteau, à attendre un miracle, libre à toi, mais moi je ne tiens pas particulièrement à faire de vieux os dans ce monde imaginaire. Jabu sursauta, comme s’il se réveillait, et se dépêcha de revenir au niveau d’Ikki. En descendant la colline sur laquelle ils avaient grimpé, ils s’aperçurent qu’un personnage était adossé à l’entrée des Enfers, matérialisée par deux colonnes grecques. En s’approchant, ils reconnurent Dakovica, qui les attendait. Alors qu’ils parvenaient à son niveau, il leur adressa la parole, de son habituel : froid, faible et triste : - Vous n’avez pas eu trop de mal à trouver le chemin. Voilà déjà un bon point. Ikki ne put s’empêcher de lui rétorquer : - A quel jeu joues-tu avec nous, Chevalier ? Pourquoi nous avoir fait atterrir dans ce monde imaginaire ? Croyais-tu que nous serions assez stupides pour ne pas nous rendre compte de cette supercherie ? - Pas une seule seconde. Durant ma vie, je n’ai jamais sous-estimé qui que ce soit. De plus, même dans notre Sanctuaire reculé, il nous est arrivé d’entendre parler de vos exploits. C’était encore une raison de plus de vous considérer comme d’ardents combattants. - Ce n’est pas ce qu’avait l’air de penser nombre de tes compagnons, dit Jabu. - Pour entendre, il faut écouter. Quand on se refuse à faire attention aux avertissements, on doit en assumer les conséquences. Leur disparition n’est que justice dans ce sens. - C’est bien gentil toutes ces félicitations, mais cela ne nous explique pas notre venue ici, soupira Ikki. - C’est très simple Phénix. Vous avez osé souiller le Sanctuaire d’Héra. Vous devez accepter le fait d’être châtiés. Et votre chemin débute ici, à l’extrémité du monde des vivants, et au commencement des Ténèbres. - Et pour quelle raison ? Pourquoi ce lieu ?, interrogea Ikki. - Il symbolise parfaitement toutes les étapes nécessaires à votre rédemption et à l’accomplissement de votre châtiment. - Et où se termine ce châtiment ?, s’interrogea Jabu. - Vous êtes assez grands pour en juger vous-mêmes je pense, lança Dakovica. Ikki, lui, s’impatientait : - Nous n’avons pas que cela à faire ! Nous allons tout de suite sortir de ton illusion pour aider nos compagnons. - Ou ce qu’il restera d’eux… Enfin bref, là n’est pas la question, mais si vous tenez à aller plus vite que le mouvement, je ne vous en empêche pas. Sur ces mots, Dakovica franchit l’entrée du Monde des Ténèbres en marchant, sans doute pour inciter Ikki et Jabu à le suivre. Ceux-ci vécurent cela comme une provocation qu’ils ne pouvaient pas tolérer. Sans se regarder, ni même se mettre d’accord, ils lancèrent leur attaque en direction de Dakovica, qui s’en allait en leur tournant le dos. - Où que tu sois protecteur d’Héra, connais la force des Chevaliers d’Athéna ! Par les Ailes du Phénix ! (Hô Yoku Ten Shô) Par le Galop de la Licorne ! (Unicorn Gallop) Les deux forces s’unirent pour aller frapper Dakovica, qui leur tournait toujours le dos. Bien qu’il devait sentir cette puissance agressive se dirigeant vers lui, il n’esquissa pas un pas différent des précédents.
Au moment où les faisceaux d’énergie allaient l’atteindre, un gigantesque éclair se déclencha et une boule d’énergie sembla exploser sur lui, créant une fumée intense et aveuglante pour Ikki et Jabu. Lorsque ceux-ci réussirent à se débarrasser de cette gêne, ils regardèrent le chemin qu’empruntait Dakovica quelques secondes auparavant. Celui-ci était vide, aucun corps ne se trouvait à terre. Seules quelques traces d’une explosion violente jonchaient le sol. Ikki ne se satisfaisait pas de cette action : - Nous avons dû le toucher réellement malgré son illusion et les dimensions imaginaires qui nous séparent. Mais il a dû avoir le temps de se téléporter je ne sais où pour éviter la partie principale de notre puissance. - Si nous n’avions pas hésité à le suivre, nous aurions été plus proches de lui, et en le frappant par surprise, nous aurions pu l’atteindre sans qu’il ait le temps de fuir. - Ne rêve pas trop Jabu, dit Ikki. Ce chevalier est un homme comme je n’en ai jamais vu de la sorte. Il semble si étrange. Je ne sais pas quel nouveau procédé il va utiliser. Ikki n’eut même pas le temps de se poser la question. De la sorte, il commença à voir tout le paysage qui l’entourait trembler et devenir fluide autour de lui. Un mal de crâne affreux le gagna, de même que pour Jabu. - Qu’est-ce qui se passe ?, gémit Jabu. Peut-être que le fait que nous ayons touché Dakovica fasse que son illusion se détruise d’elle-même, et que nous allons retrouver le Sanctuaire ? - Non, au contraire, dit Ikki en étant accablé de souffrance dans son crâne. Je sens une force qui nous maintient ici et qui nous condamne presque. Ce mal de crâne devint réellement insupportable, que les chevaliers criaient de toutes leurs forces, sans pouvoir s’en défaire. Peu à peu, ils sentaient que la maîtrise de leurs gestes ne leur appartenait plus. Ils semblaient s’évanouir totalement. Tout à coup, ils entendirent la voix de Dakovica, qui semblait venir de nulle part. Et de toute manière, leurs esprits étaient devenus incapables de se repérer dans l’espace ou dans le temps.