Le Sanctuaire de Samos — Partie 12

- Voici le huitième temple, dit Shiryu, celui des Juments de Diomède. C’est si étrange, il ressemble fortement au quatrième temple, celui de Ranevski. - Avant de mourir, Ranevski m’a recommandé de nous méfier de cette huitième épreuve. Il devait avoir de bonnes raisons pour me dire cela. Tout à coup, un petit bruit retint leur attention. Tout à fait à gauche du temple, ils aperçurent une silhouette discrète, qui les épiait. - Montre toi !, ordonna Nachi, sinon tu connaîtras notre force ! Shun se mit devant Nachi, comme pour le retenir et modérer son envie de défier l’inconnu. - Arrête Nachi ! Tu ne vois pas que c’est une personne qui ne nous veut pas de mal, elle paraît sans force. Puis, s’adressant à cette personne, il dit : - Approche, n’hésite pas, nous te ne voulons aucun mal. La silhouette hésita, puis se décida à approcher des chevaliers de bronze. C’était une jeune femme, à peu près du même âge que Shiryu et ses compagnons, aux cheveux noirs, et aux yeux verts. - Qui es-tu demanda Shun ? - Je m’appelle Kéna. - Et que fais-tu dans cet endroit si triste et dangereux ? Pourquoi nous regardais-tu ? - Je vis au Sanctuaire d’Héra depuis mon enfance. C’est justement parce que ce Sanctuaire est triste que je veux vous aider. Je vis ici depuis toujours, et je connais quelques pièges à éviter. - Tu as déjà rencontrer des protecteurs d’Héra ?, se demanda Nachi. - Non, ceux-ci sont discrets et nombrilistes, ils ne pensent qu’à eux-mêmes, et passent leur temps dans leur temple. L’accès à ceux-ci nous est interdit, à nous les quelques habitants. Le reste du temps, ils le passent dans leurs régions de naissance. Nous les haïssons profondément, mais notre vie ici est dédiée à Héra, nous sommes tenus de la servir. Je hais cette vie depuis toujours, et comme aujourd’hui, vous représentez la possibilité de tout changer ici, je tiens à vous apporter mes connaissances sur ce Sanctuaire rempli de pièges. - Nous ne pouvons accepter ton aide, trancha Shiryu. Notre mission est difficile et surtout dangereuse. Nous n’avons pas le droit de mettre la vie de quiconque en danger. - Je ne vous gênerai pas, je resterai derrière vous, et après chaque épreuve, je vous conseillerai sur les raccourcis à emprunter entre chaque temple. Votre temps est compté. Il ne vous reste déjà plus que treize heures environ pour affronter 5 protecteurs d’Héra, et pour l’affronter elle-même. Avez-vous déjà vu la longueur de ces escaliers ? Il vous est impossible de vous téléporter car vous pourriez vous égarer et perdre le bénéfice du temps. Avec mon aide, vous gagneriez de précieuses minutes en empruntant de judicieux raccourcis. - Bien, dit Shiryu, nous acceptons, mais reste bien en retrait derrière nous. Notre serment vis-à-vis d’Athéna nous interdit de mettre une vie étrangère en danger. Ils regardèrent alors ce temple qui leur faisaient face et se ruèrent à l’intérieur. Ce temple était on ne plus effrayant. Les chevaliers étaient bouche bée

Le temple était assez lugubre, et, même s’il était sobre, c’était justement ce vide qui créait une atmosphère inquiétante et apeurante. Les chevaliers avançaient prudemment, suivis de Kéna. Tout à coup, ils aperçurent un homme au milieu du temple, face à eux. Tout comme le temple en lui-même, celui-ci ressemblait étrangement à Ranevski. Même son armure semblait être la réplique de celle de l’illustre chevalier de la couronne boréale. - Nous sommes les chevaliers d’Athéna ! Voici Nachi du Loup, Shun d’Andromède, je suis moi même Shiryu du Dragon… C’est désormais à ton tour de te présenter. - Je m’appelle Ravilski de la Couronne Australe, je suis le frère jumeau de Ranevski de la Couronne Boréale, et je défends le temple d’Héra des Juments de Diomède. Les chevaliers de bronze n’étaient pas réellement stupéfaits, étant donné toutes les similitudes que comptaient les deux hommes. Ravilski étant sans doute plus costaud, mais ses yeux étaient bleus, et ses cheveux plus blond que ceux de son frère. - Cela n’a guère d’importance dit Nachi. Nous avons réussi à passer le temple de ton frère, ainsi nous ferons de même ici en poursuivant notre route ! En garde chevalier ! Ravilski sourit mais ne broncha pas plus que cela. - Je ne sais pas si on vous en a déjà parlé, mais je peux en tous cas vous dire que personnellement, je n’ai jamais affronté deux personnes de la même façon. Jamais deux combats ne se sont passés de la même manière. Au lieu de penser au combat qui vous a opposé à mon frère, vous devriez plutôt craindre ma vengeance. Non seulement vous l’avez tué, mais si vous l’avez supprimé c’est sûrement parce qu’il s’est laissé abattre. Vous avez dû le pourrir avec vos idées gentillettes et idiotes que véhicule Athéna. Un seul pouvoir peut régner sur le monde : celui de la force, et c’est Héra qui l’exercera. La liberté, l’amour c’est bon pour les perdants et les faibles ! Pendant que Nachi et Shiryu étaient atterrés par les propos du protecteur d’Héra, Shun fixait le fond du temple, et plus particulièrement le rideau qui en cachait la sortie. Ravilski avait parfaitement repéré cette attention particulière du chevalier d’Andromède et lui dit : - Si ce que l’on raconte est vrai tu es le surprenant chevalier d’Andromède ! Tu sembles attiré par ce que je cache derrière ce rideau et je crois savoir pourquoi, ricana t’il. Ravilski fit alors tomber le rideau, ce qui laissa apparaître un spectacle horrifiant. - Ikki ! cria Shun. Ikki était là, statufié dans un tombeau de glace semblable à ceux dans lesquels Ranevski les avaient enfermés précédemment. Shun voulut courir vers son frère, mais Ravilski en levant sa main, lui fit signe qu’il ne tolérerait pas qu’il approche son bien. - Lorsque mon frère a envoyer ici ce tombeau, il m’en a en quelques sortes cédé la responsabilité. Ce chevalier doit être un danger suprême pour que Ranevski ait eu l’idée de se débarrasser de ton frère. Mais de toute façon, dorénavant, il restera prisonnier de ces glaces jusqu’à ma mort ! - Très bien, dit Shiryu, dans ce cas, notre confrontation va débuter de suite ! - Comment ? Vous désirez déjà mourir, alors ce sera un plaisir pour moi que de vous y aider : Que les vents d’Anadyr vous réduisent en poussière de glace ! Immédiatement des vents d’une puissance phénoménale et d’une fraîcheur plus que glaciaire repoussèrent les chevaliers contre les murs du temple, tout comme la jeune Kéna. Leurs corps se rigidifièrent comme s’ils étaient congelés depuis des millions d’années. Puis, lors de la fin de l’attaque de Ravilski, ces corps retombèrent à terre, sur un sol qui était devenu un véritable sol sibérien, sec et froid.

- Et ainsi périrent les derniers chevaliers d’Athéna ! dit-il en les regardant. Puis il se tourna vers le tombeau d’Ikki et dit : - Toi, tu n’es pas prêt de sortir de là, tu comprends bien ça ? dit-il, en sachant pertinemment que bien que figé, Ikki le comprenait totalement. C’est là toute la déchéance du phénix, qui ne peut renaître, car il n’est pas mort ! Médites ces paroles Phénix : C’est parfois plus regrettable d’être vivant que d’être mort, dit-il en tournant les talons, et en se retirant de son temple. Pourtant, il ne sortit pas de celui-ci, car un sentiment étrange s’empara de lui, des cosmos commençaient à réapparaître dans son temple. En effet, Nachi, Shun et Shiryu se relevaient péniblement mais sûrement, malgré leurs fatigues et leurs faiblesses physiques. Ravilski changea de ton, et devint cette fois agressif et agacé : - Ainsi vous avez décidé de souffrir plutôt que de mourir tranquillement ! Très bien : Recevez à nouveau mon attaque : Par les vents d’Anadyr ! Cependant, à sa stupéfaction, les chevaliers de bronze avaient cette fois anticiper son attaque : Shiryu s’était placé devant ses compagnons, et les protégeaient avec son bouclier, placé sous un angle étudié pour dévier les vents puissants de Ravilski. Pendant ce temps, Shun et Nachi soutenaient Shiryu en le retenant pour ne pas qu’il soit lui-même poussé par les vents du protecteur d’Héra. Ainsi, malgré l’entêtement de Ravilski, les chevaliers d’Athéna avaient réussis leur pari, le chevalier de la couronne australe cessa son attaque, par dépit devant son échec. - Sais-tu Ravilski qu’une même attaque ne marche jamais deux fois sur les mêmes adversaires ? Tu aurais du t’en soucier car dorénavant nous pourrons anticiper tes coups et nous-mêmes t’en asséner, prévint Nachi ! Cependant les chevaliers de bronze songèrent tout à coup à leur jeune compagne. Celle-ci gisait à terre, inanimée. Shun se pencha instantanément et ne put que constater le drame : - Elle est morte ! …Ravilski, il est une chose que tu nous attaques, mais cette jeune fille était innocente et ne méritait pas ton châtiment ! Tu vas payer pour ce crime odieux ! - Qu’est ce que la mort de cette fille peut bien me faire ? Je vous ai déjà dit que pour moi, les faibles ne comptent pas ! Et puis, de toute manière, ça n’est ni mon problème, ni ma faute, elle n’avait qu’à pas traîner dans mon temple. Quand on s’expose aux dangers, on doit en assumer les conséquences. Si vous teniez à elle, il fallait l’écarter de ce lieu. La haine commençait à emplire le coeur de Shun, qui en devenait presque inconscient. Shiryu comprit ce fait et le mit en garde : - Shun, laisse moi régler ce compte avec Ravilski, tes sentiments sont déjà bouleversés avec la vision d’Ikki, laisse moi me charger de ce scélérat. Shiryu se rapprocha alors de Ravilski, alors que ses compagnons veillaient sur Kéna. - Tu vas connaître mon propre châtiment Ravilski : en garde ! - Ravilski avait beau être fier et arrogant, il n’en demeurait pas moins prudent et se méfia du chevalier du dragon. - Par les 100 Dragons de Rozan ! gronda Shiryu. Immédiatement, des dizaines de dragons apparurent derrière Shiryu, et se dirigèrent vers Ravilski, qui malgré une tentative de défense, fut touché de plein fouet par ce redoutable coup, hérité de Dohko. Ravilski encaissa des milliers de coups, et tomba à terre, inconscient avec une armure partiellement détruite.

Shun se releva alors et courut vers le « cercueil » d’Ikki, en attendant une seule chose, sa destruction, annoncée par la mort de Ravilski. Cependant, rien n’arriva. Shun avait beau frapper le cercueil avec ses poings, il restait en bloc, sans la moindre fissure - Je t’avais pourtant dit que seule ma mort pourrait fendre ce tombeau, gémit Ravilski qui se relevait péniblement. De plus, si tu frappes son tombeau, tu ne parviendras qu’à blesser ton frère, sans pouvoir le délivrer. Tout n’est que peine perdue. Il était à présent totalement debout et ne titubait plus. Il semblait avoir repris la pleine mesure de ses forces. Puisqu’il en est ainsi, je vais devoir passer au niveau supérieur, vous êtes très coriaces et je vais devoir faire appel à une attaque qui va régler tous mes problèmes très rapidement. Ravilski se débarrassa du haut de son armure et gronda de toutes ses forces pour faire apparaître une aura blanche et grandiose autour de son corps. Il contractait ses muscles tout en serrant les dents pour intensifier son cosmos jusqu’à un certain niveau. - Mon Dieu, qu’est-il en train de faire ?, s’inquiéta Shun. - Puisque vous avez oser me défier, recevez mon attaque secrète : Le souffle australe d’Héra ! Aussitôt, le plafond tout comme les murs de son temple s’effrondèrent peu à peu dans un terrible fracas, pendant que le sol se dérobait sous les pieds de Ravilski. On aurait dit qu’il allait détruire tout le Sanctuaire avec sa rage personnelle. Shiryu, Nachi et Shun tentaient de résister en essayant déjà de rester debout, même si la folie destructrice de Ravilski semblait devoir tout emporter. Des pierres volaient dans tous les sens et s’interchoquaient dans de terribles fracas avec les restes des murs du temple. Un à un, les chevaliers de bronze furent projetés à terre, renversés par un souffle tellement glacial qui brisait toutes les choses avoisinantes sur son passage. Ravilski intensifia alors son attaque à son paroxysme. Par ses pouvoirs, il fit se soulever les corps des chevaliers d’Athéna. - Vous allez mourir, vermines car vous avez osé me défier ! Alors qu’il allait les achever, un faible bruit parasite à son attaque compromit sa concentration. Tout en maintenant son pouvoir sur Shun et ses compagnons, il se retourna vers Ikki, mais celui-ci demeurait toujours paralysé par son tombeau de glace. Alors, il vit un phénomène qu’il n’aurait jamais pu prévoir. Un faisceau de lumière jaillit des pierres au sol, et renversa toutes les roches amassées sur une petite zone. Alors, Kéna se releva soudainement et se dirigea vers Ravilski. C’était comme si rien ne pouvait l’atteindre, elle marchait vers lui, malgré le froid et le souffle insupportable crée par le chevalier de la couronne australe. Ses pas étaient lents mais surs. Aucune force ne la contraignait à quoi que ce soit. Une aura magnifique la protégeait. - Mais qui es-tu pour contrer mes attaques sans fléchir ?, s’inquiéta Ravilski. - Tu as commis un grand crime Ravilski ! En utilisant cette attaque interdite, tu m’as obligé à sortir de ma passivité, et ainsi à te châtier pour avoir trahi les ordres divins, dit Kéna, tout en marchant vers lui. Je n’avais pas prévu de me manifester si tôt, mais tu m’y obliges par le peu d’honneur que tu possèdes.