Paradise Chapter — Partie 33
• Tu veux dire… que tu as eu le temps, au milieu de cette masse d’énergie, de bouger assez vite pour qu’aucun d’eux ne soit mortel ?
• Exactement.
• Impossible ! Même toi, tu ne peux te déplacer aussi vite !
• Bien sûr que si…
• Mais alors, pourquoi ne les as-tu pas évités, tout simplement ?
• Je savais que mon attaque allait te toucher, alors je voulais que nous soyons à égalité.
• Tu veux dire… que tu t’es laissé volontairement touché par cinq rayons… parce que tu m’en destinais cinq toi aussi ?
• C’est exact.
• Tu es complètement fou ! À quoi sert une victoire si elle n’est pas totale ?
• Oh, elle sera totale, mon frère… Pour moi, contrairement à toi, cinq rayons traversant mon corps équivalent à peu près à une douloureuse piqûre d’insecte…
• Non… Serait-ce…
• Bien entendu. Pendant des centaines d’années, lorsque je ne me montrais pas assez cruel à ton goût, tu m’infligeais des séances de torture interminables en me laissant dans les bras de la mort, certaines fois avec des organes perforés et mon seul cosmos pour m’éviter de succomber. Des centaines de fois j’ai reçu de ta main des rayons de la Lance d’Arès, et des centaines de fois j’ai survécu. J’ai survécu, Phobos ! Même la fois où après la campagne d’Athéna, tu avais criblé mon corps de 71 piqûres… 71, espèce de dément ! Je voulais te montrer que pour moi, cinq rayons ne représentent rien, et c’est grâce à toi, mon frère…
C’était la deuxième fois en quelques secondes qu’Ikki goûtait à son sang. Son dos lui faisait tellement mal qu’il avait l’impression que sa colonne vertébrale était brisée. Il venait de détruire une dizaine d’arbres avec son corps, et sa jambe était à nouveau brisée. Il ne la récupèrerait peut-être plus jamais complètement. Shun se tenait là, à quelques dizaines de mètres, toujours à genoux. Il fixait Shaka avec insistance, mais n’avait pas bougé lorsque la Vierge avait attaqué son frère par deux fois.
• Je sais bien que cela ne servirait à rien que j’utilise contre toi les 7 Livres du Râmâyana, Phénix, commença Shaka. J’ai vu ton combat contre mon double. Je connais tes attaques, de même que je connais les siennes. Te retirer tes sens ne ferait que te rendre plus fort. Je n’ai donc qu’une autre possibilité…
Ikki regardait le corps d’Esméralda, redevenue inconsciente. Elle avait essayé de protéger l’homme qu’elle aimait après que les Ailes du Phénix aient échoué quelques secondes auparavant. Les deux Chevaliers avaient été balayés comme des poupées de chiffon, la puissance de l’attaque d’Ikki retournée contre son déclencheur. Pour la première fois depuis… Phobos, Ikki se sentait impuissant. Il savait qu’il pourrait certainement emporter la Vierge avec lui, mais ce choix signifierait abandonner Esméralda et son frère à peine retrouvé. Il n’aurait pas hésité un seul instant quelques mois auparavant, mais maintenant… il avait changé. Shaka et Phobos avaient tout calculé pour qu’il en soit ainsi, et ils avaient réussi.
Ikki ne s’en voulait même pas. Il devait simplement trouver quelque chose afin d’abréger ce combat. Quelque chose d’autre que la colère ou la haine prévues par Shaka. Quelque chose qu’il n’attende pas. Mais quoi ?
• Moi aussi, je veux revoir le Phénix du port de Yokohama. Je souhaite affronter le Phénix qui m’a frappé avec toute sa haine lorsqu’il a découvert le corps du petit Seiya et qu’il a crû morte sa bien-aimée. Je vais donc m’en prendre à ton frère, Chevalier, lança Shaka en s’adressant à l’esprit d’Ikki.
• Non ! hurla Ikki. Je suis ton homme, dit-il en vacillant comme la flamme d’une chandelle. Laisse-le tranquille.
• Non… Il te faut plus de colère…
Note de l'auteur :
(1) Une dictériade est une prostituée, une courtisane, existant pour le plaisir des dieux.